Interview avec … Emmanuelle AMADIS

Lire un livre c’est bien, mais quand on aime la plume de l’auteur, on a envie d’en savoir plus sur le/la propriétaire de celle qui la tient  …

Je vous propose donc de passer un petit moment avec Emmanuelle AMADIS … Merci à elle.

 

Dans un premier temps, parlons de votre plume et de l’auteur …

  • Pourriez-vous nous expliquer comment vous est venue l’envie d’écrire ?

    Lire. Ça paraît évident, dit comme ça, mais c’est vraiment ce qui me vient à l’esprit en premier. C’est cette capacité des mots à pouvoir me faire « visiter » des mondes différents de mon quotidien, même lorsque l’histoire se passait simplement dans une autre ville (pas besoin de visiter une autre galaxie pour être dépaysée), la possibilité d’être quelqu’un d’autre pendant une cinquantaine ou une centaine de pages qui m’a donné envie de faire la même chose. Au début (au tout, tout début), j’ai écrit pour pouvoir évacuer mes émotions. Comme n’importe quelle adolescente, j’avais besoin d’exprimer ce qui bouillonnait à l’intérieur. Sauf que ma vie n’était pas non plus super passionnante, alors j’ai commencé à écrire des histoires plus fantaisistes où je pouvais utiliser ces émotions dans d’autres contextes, les faire porter à des personnages qui contrairement à moi avaient de la répartie et vivaient des choses merveilleuses.

    Quelque part, c’est une sorte de virus, une fois contaminé, on ne s’arrête plus vraiment, qu’on soit bon ou mauvais, quand l’envie est là, il est difficile de l’ignorer ou de s’arrêter. Certains écrits restent dans les tiroirs et on rit en les relisant tellement c’est nul, d’autres nous donnent envie de les sortir pour les polir un peu plus et de les partager en espérant pouvoir faire plaisir à des lecteurs.

  • Avez-vous écrit autre chose que des romans (poèmes, essais, etc.), autre chose que des livres (des articles de presse, dans des revues, etc.…) ?

    Pour les poèmes, uniquement au collège et à la demande des professeurs, je n’ai pas un tempérament suffisamment contemplatif pour être capable d’en faire. Et pour tout le reste, la réponse est non. Je n’ai d’ailleurs pas le temps pour me disperser 😉

  • Avez-vous commencé par un journal intime, des nouvelles…

    Oui, aux deux questions. Le premier en grande partie parce qu’un professeur a su trouver les mots pour nous expliquer qu’écrire un peu chaque jour aidait à s’améliorer. À l’époque ce n’était pas entièrement vrai pour ma grammaire hasardeuse (je suis de la génération machine à écrire, pas ordinateur avec logiciel de correction), par contre cela l’était pour le vocabulaire, la tournure des phrases, les idées évoquées.

    Pour les nouvelles, je dirais que c’était plutôt des prototypes dans le sens où il s’agissait d’histoire plus complète dans ma tête, à une période où je ne saisissais pas encore que je pouvais changer de point de vue, poser plus sérieusement le contexte, etc. Après une ou deux « nouvelles » qui m’avaient juste laissé un goût d’inachevé, je suis passé à un format d’une soixantaine de pages A4 avant de me laisser clairement déborder par mon imagination.

    Parfois, j’aimerais être capable d’écrire des nouvelles, cela me permettrait de participer à des recueils pour des associations, malheureusement c’est un format trop frustrant que je suis incapable de respecter. J’admire tous ceux capables de me faire rêver en si peu de pages, cependant je suis d’avance disqualifiée et je sais que je ne pourrais jamais les imiter.

  • Quelles sont vos sources d’inspiration ?

    C’est presque une question piège, lol. Tout et rien. Les idées et/ou les personnages me viennent spontanément, je serais bien incapable de dire ce qui les crée ou ce qui les construit. Je suis d’un tempérament curieux, presque tout m’intéresse, alors le sujet d’un roman peut aussi bien venir d’une interview vue à la télé, d’un reportage, d’un article sur Sciences et Avenir que sur Cerveaux et Pshycho, que d’une conversation avec les copines ou une phrase entendue et sortie de son contexte. Sans parler de tous les délires qui peuvent animer les repas familiaux quand les enfants aussi curieux que moi décident de partager les dernières infos, sérieuses, surprenantes et/ou loufoques, qu’ils ont glanées sur internet.

  • Quels sont vos projets dans l’avenir ? Avez-vous déjà un nouveau roman en préparation ?

    Mes projets : continuer à écrire. C’est horriblement chronophage, mais c’est devenu un besoin. Je ne prétends pas que je publierai tout ce que je mets par écrit (il ne vaut mieux pas, croyez-moi ;-), mais dans le lot, il y aura certainement un ou deux romans qui sortiront.

    Et quand j’ai le temps (comprenez par là que ma tête n’est pas submergée par des nouvelles idées), je corrige mes premiers romans, dont j’ai récupéré les droits, afin de les reproposer à mes lecteurs. Il faut dire qu’avec le temps, si je trouve toujours les histoires de la saga Sarangins intéressantes, je suis dépitée en voyant les erreurs et les répétitions qui constellent le texte. Il est donc hors de question de les ressortir en autoéditions en état.

Dans un deuxième temps, parlons de vous, de cette personne derrière cette plume …

  • Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Votre entourage familial lisait-il ? Si oui, quels genres de lectures avaient-ils ? (Essais, littérature, journaux, etc.)

    J’ai eu la chance de naître dans une famille qui lisait. Mon père a dû arrêter ses études après le brevet pour trouver du travail, il regrettait de n’avoir jamais pu aller jusqu’au bac et palliait ce manque en s’instruisant dès qu’il en avait l’occasion. La lecture était quelque chose d’important pour lui, son caviar personnel en quelque sorte. D’aussi loin que je me rappelle, quand il se posait deux minutes, il attrapait un livre, un grand classique la plupart du temps parce qu’il aimait les belles lettres. Ma mère préférait les magazines, à l’affût d’astuces pour faire des économies, de recettes pour nous régaler, rien à voir avec les magazines beauté que l’on trouve de nos jours.

    La fratrie a appris à lire parce que nous faisions beaucoup de route pour rejoindre la famille lors des vacances et qu’il fallait bien occuper les longues heures sans trop se chamailler. Je n’ai jamais eu un goût particulier pour les classiques de mon père, par contre j’empruntais allègrement les romances de ma sœur et plus tard les SF d’un copain fan du genre. J’ai attendu de découvrir les bouquinistes pour acheter mes premiers livres, de la SF fantasy.

  • Le fait que vous écriviez était-il bien ou au contraire mal vu ? Vous a-t-on encouragé(e) ou au contraire découragé(e) à écrire ?

    En fait, ni l’un ni l’autre. Pour tout dire, j’écris depuis que j’ai treize ou quatorze ans, et ma famille ne l’a découvert que vers mes quarante-cinq ans, c’est peu de dire qu’ils ont été surpris lol. À l’école comme à la maison, l’un des reproches récurrents à mon sujet était mon orthographe calamiteuse (en fait, c’est plus la grammaire, mais bon) du coup, cela ne me prédisposait pas à montrer mon « loisir » puisque je faisais un gros complexe concernant mes fautes.

    Depuis que le secret est éventé, je dirais que la majorité reste un peu dans l’expectative, il faut dire que le genre (la romance et même la romance homosexuelle) n’est pas encore considéré comme de la littérature avec un grand L, donc mon entourage se montre plutôt fier, sans pour autant le crier sur les toits 🙂

  • En dehors de votre activité d’écrivain, avez-vous d’autres activités professionnelles ? Si oui, Avez-vous déjà arrêté de travailler pour vous consacrer à votre activité littéraire ?Maman, ça compte ? Je sais, cela ne rapporte rien, mais je l’ai vraiment fait de façon professionnelle 🙂 Plus sérieusement, c’est resté longtemps un « loisir », certains vont à la pêche, faire du shopping, regarder un film, moi j’écrivais, c’était mon moyen de détente. Donc non, ça n’a jamais interféré avec mon travail lorsque j’étais encore aide-soignante. Depuis quelques années, cela empiète un peu plus sur mon « travail » de maman, mais les enfants sont grands maintenant, donc ils n’en souffrent pas vraiment.
  • Vivez-vous (avez-vous vécu) en couple ? Votre conjoint s’intéresse-t-il/elle à la littérature ?

    Oui, je vis en couple et non il ne s’intéresse pas à ce que j’écris. S’il y a bien un intérêt que nous ne partageons pas, c’est bien la lecture. Il ne comprend pas le plaisir de plonger dans un livre, cependant il n’a jamais réfréné ce besoin. Mieux, il était toujours partant pour dépenser des sous quand c’était pour les loisirs/culture des enfants (mais non, Ewilan, Harry Potter et autres ce n’était pas pour moi, non, non, non 🙂

    D’un autre côté, je ne peux pas lui en vouloir vu le genre que j’écris, même mes enfants (tous des garçons) n’ont pas envie de me lire, trop de sexe et de romance pour eux lol

  • Comment considère-t-il/elle votre activité littéraire ? Lit-il/elle ce que vous écrivez ? Avant ou après la publication ? Il la considère de la même manière que si je faisais du tricot, de la création de bijoux ou du jardinage : une occupation qui me plaît. Comme dit plus haut, il ne lit pas (ou si peu) de roman, donc encore moins les miens.
  • Est-ce qu’il/elle constitue pour vous un soutien ou plutôt une barrière ?
  • Avez-vous des enfants ? Si oui, y a-t-il des interactions sur les thèmes que vous abordez dans vos lectures ?

    J’ai trois merveilles dont j’essaye régulièrement de me débarrasser, mais que j’aime d’amour le reste du temps 🙂

    Nous avons une parole assez libre, donc oui, je leur parle de mes livres et si je les ai sous la main, il m’arrive de leur demander conseil sur un mot, un doute sur une tournure de phrase ou sur l’intérêt d’ajouter une anecdote. Je ne rentre jamais vraiment dans les détails parce que ce n’est pas leur genre de lecture. Cela dit, les sujets que j’aborde dans mes livres ont souvent déjà fait débat autour d’une table, comme je le disais plus haut, nous sommes tous des curieux de tout (les chiens ne font pas des chats 😉 Aucun sujet n’a jamais été tabou, chacun a toujours la possibilité d’exprimer son ressenti sans préjugé ce qui je pense permet une ouverture d’esprit digne de ce nom. Au final, les échanges sont légion, mais pas forcément sur mes livres et rarement une fois qu’ils sont sortis.

  • Dernière question, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans un projet d’écriture ?

    Foncez !

    Allez au bout de l’écriture. Ne vous contentez pas d’écrire un chapitre en demandant ensuite les avis à droite à gauche, finissez votre roman (votre nouvelle) avant de chercher à savoir s’il vaut quelque chose sans quoi vous serez influencé sans avoir pu exprimer ce que vous vouliez au départ. Énormément de jeunes pensent qu’avec une certaine aisance des mots on peut faire un livre et gagner de l’argent, je sais que c’est parfois le cas, mais quand on commence à écrire, le plus important ce n’est pas l’argent qu’on obtiendra avec, ni les éloges que les « copines » feront, mais le plaisir que l’on aura eu à l’écrire et à être l’auteur de son roman, de l’idée que l’on avait en tête. Ce n’est pas toujours du plaisir « facile », c’est fréquemment masochiste et les relectures sont une chienlit. Quoi qu’il en soit, l’amour que vous avez pour votre univers, vos personnages se sent. Si vous écrivez pour faire de l’argent, ou obtenir des compliments, votre lecteur le percevra et s’attachera moins à votre monde. Donc, restez vous-même, mettez un peu de vos tripes, ne laissez pas les bien-pensants vous dire ce qui doit (ou ne doit pas) se trouver dans votre texte, restez libre sur le fond, l’histoire et trouvez des bêtas pour vous donner des conseils pour les détails et les incohérences.

    Difficile de dire autre chose, nous avons tous des styles et des histoires différentes, ce qui permet au lecteur d’avoir toujours plus de choix.

Quelle est votre actualité littéraire à venir ?

J’aimerais continuer mes relectures et si possible finir celui du tome deux des Sarangins avant l’année prochaine (je vais m’y remettre bientôt, promis).

Toujours si je trouve le temps, je sortirais probablement en autoédition un roman court (entendez par là, moins de trois cents pages lol) fin août pour le salon du livre gay à Paris, mais rien n’est encore définitif, je fais trop d’autres choses à côté pour être sûre d’avoir tout finalisé d’ici là.

Un roman long (plus de quatre cents pages) est prévu pour fin septembre avec ma nouvelle maison d’édition et cette fois aussi cela dépendra si nous parvenons à clôturer les corrections du pavé à temps. J’ai malheureusement une vitesse de lecture ridiculement lente ce qui complique toujours les choses.

Où pouvons-nous vous suivre ?

J’avoue, ce n’est pas chose aisée parce que je ne suis pas à l’aise avec l’aspect publicité et communication numérique en générale.

Plus qu’une page auteur, j’ai un simple compte Facebook https://www.facebook.com/emmanuelle.amadis. Je ne prétends pas l’alimenter souvent, mais je ne manquerais pas de signaler les salons auxquels je participe.

Si vous voulez correspondre avec moi, le plus simple reste mon adresse email : amadis.emmanuelle@gmail.com, je suis plus réactive avec ma boîte mail, qu’avec la messagerie de FB, il m’est déjà arrivé de ne voir des posts sur messenger trois mois après.

Pour mes romans, vous les trouverez sans peine en format numérique et, pour les versions papier, rendez-vous sur http://riseeditions.fr/ pour les livres édités par Rise Édition, et sur https://tictail.com/amadisemmanuelle pour les autres.

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