Bi or not bi ? par Eva Justine

Synopsis:

Habitué à ce que rien ni personne ne lui résiste, Nys gère d’une main de maître son club privé le Gay Power. Son assurance vacille néanmoins le jour où Sandro en pousse la porte par hasard. Son tempérament de fonceur prend aussitôt le dessus. Ce mec lui plaît. Il le veut. Mais, comment le convaincre ? Quel est le meilleur atout de séduction pour conquérir ce pompier… persuasion ou romantisme ?

 

Mon avis:

Voici une romance qui change des romances gay « classique » dans le sens où l’auteure nous met devant un homme qui remet en question sa sexualité pour un homme. Être bisexuel n’a rien d’évident que ce soit pour la personne elle-même ou son entourage. Tout le travail d’écriture d’Eva Justine se tourne autour de cette prise de conscience et ce qu’elle implique dans le quotidien. Il n’est pas facile de remettre en question toute une vie d’hétéro, assumer ses choix demande un temps de réflexion. Mais l’auteure nous montre aussi la difficulté de cette ambivalence auprès du conjoint. Dans le cas de cette romance, les doutes de Nys, gay assumé pour un homme hétéro. Elle nous montre que leur relation est loin d’être aussi fluide qu’elle peut paraitre au premier abord. Car, même si l’alchimie marche entre les deux hommes, c’est tout ce qui les entoure et les projets pour un avenir à deux qui est difficile à envisager.

En clair, une romance qui met en avant l’acceptation. Une romance à savourer sans modération.

 

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Genre: au delà des apparences, Le temps des choix, sexualité différente
Série: CreateSpace Independent Publishing Platform |

La passion en M par Marie-Paule Dunant

Synopsis:

Etudiant en médecine n’est pas une partie de plaisir surtout quand il faut en plus subir les disputes quotidiennes de ses parents qui ne se supportent plus. Un jour la goutte d’eau de trop dans un vase remplit à ras bord tombe. Raphaël n’a pas beaucoup de ressources, mais il arrivera à s’en sortir, se promet-il.
Guitariste dans un groupe de musique, ce n’est pas ce qui permet de vivre correctement. Pourtant, pour rien au monde, Gabriel ne changerait sa vie. Mais pour garder son indépendance, il va devoir faire une concession, se trouver un colocataire pour l’aider à payer les factures.
Deux personnes au caractère diamétralement opposé et des modes de vie complètement différents vont devoir vivre sous le même toit.

Mon avis:

Raphaël, jeune étudiant en médecine de 26 ans est, contrairement à ses autres collègues et amis étudiant, plutôt du genre à jouer la carte de la discrétion. Engagé dans un cursus long et onéreux, il vit encore chez ses parents. Jusqu’à peu, il se satisfaisait de cette concession, mais les disputes à répétitions de ces derniers vont le pousser à partir de cet environnement toxique.
Et nous avons Gabriel. Gabriel le guitariste autodidacte qui ne vit que pour son art et son groupe : les Black Dogs. Gabriel, un autodidacte qui avec ses allures de loubard, sa réputation de Casanova et son caractère impulsif est un électron libre.

Deux modes de vies et de classe sociale différentes… rien ne pouvait amener ses deux hommes à se rencontrer et pourtant… Tout débute sur cette petite annonce : » beau gosse intelligent, recherche colocataire pour partage de frais« . Raphaël, malgré une certaine appréhension (justifiée d’ailleurs) va se retrouver en collocation avec cet homme qui ne se prend pas au sérieux.

Ce qui au départ devait être une collocation va prendre une tout autre tournure. L’un et l’autre vont devoir apprendre à vivre ensemble, faire des concessions. Mais plus encore, ils vont se sortir de leur zone de confort. Cette promiscuité imposée est une réelle remise en question sur ce qui était, jusqu’alors acquis.

Nous avons des scènes causasses, voir hippiques, mais qu’il parle à chacun d’entre nous. C’est du vécu, des petits incident ou instant de vie en communauté qui font écho à notre propre quotidien. On apprécie chaque petit détail qui dévoile peu à peu ces hommes derrière leur apparence. On ressent toute cette crainte, cette appréhension à se laisser à une intimité. On s’ouvre à l’autre, on dévoile ses fêlures, ses craintes… Mais aussi on s’expose aux autres. Assumer n’est pas quelque chose d’évident. Les apparences pèsent lourdement sur notre quotidien.

À l’image des compositions musicales de Gabriel, Marie Paule joue avec finesse sur les sentiments, les réactions de l’un et de l’autre, mais aussi ces remises en questions sur soi-même que l’on pensait acquises. C’est une comédie romantique, avec des amis qui sont plus que cela, une famille élargie auprès de laquelle nous nous immergeons.

Leur histoire est à l’image d’une composition en devenir: on tâtonne, on apprivoise, on essaie de trouver les bons accords pour au final créer une harmonie, une symphonie des sens. De cacophonie, nous devenons spectateurs de cette mélodie qui peu à peu va trouver sa propre harmonie.

Un feel good comme on les aime, qui fait échos à notre propre vécu. Une très belle découverte de la plume de cette auteure dans ce style.

Spéciale mention à JP…

 

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Genre: au delà des apparences, choc des cultures, faux semblants, Le temps des choix, musique
Série: Homoromance éditions |

Près de la rivière par Laur'el

Synopsis:

David a éprouvé de sérieuses difficultés à se remettre de sa précédente relation. Aujourd’hui, son existence tranquille et ses petites habitudes lui donnent entière satisfaction. Il souhaiterait pouvoir tout oublier et se débarrasser de sa thérapie qui traîne en longueur.
Une manœuvre de collègues malintentionnés le pousse à accepter une mutation. Contraint de revenir dans sa région d’origine, il y retrouve ses amis et sa famille. Mais aussi de moins bons souvenirs et un lieu de travail où personne ne désire l’accueillir à bras ouverts.
Simon est un homme en colère. Son personnel le sait, il en fait parfois les frais. En ce moment, ce qui le fait sortir de ses gonds, c’est cette entreprise qui, avec une proposition d’association « gagnant-gagnant », est venue s’incruster dans son magasin. Même s’il est conscient de sa responsabilité dans la situation actuelle, il ne la supporte plus. Pour tout arranger, voilà que cette boîte plus qu’agaçante lui colle une taupe !
Ces deux-là vont devoir s’entendre. Pourtant, entre la méfiance, les séquelles du passé qui persistent, les emportements et les non-dits, rien n’est joué d’avance.

Mon avis :

David est un homme qui subit ses traumatismes passés. D’une enfance compliquée à l’échec de sa dernière relation, il sent cette impression de stagner dans sa vie dans ce marasme ambiant. David vit dans le déni. Il se pense guéri de ses démons passés.

Mais voilà qu’un évènement va changer la donne. Missionné par son entreprise, il va devoir revenir dans ce village de son enfance.

On suit à travers cet homme toute la difficulté pour se reconstruire. Le déni, la peur, l’insécurité constante, ce besoin de tout contrôler. David va se retrouver confronté à ses pires angoisses dans cette nouvelle dynamique qui lui est inconnue. Face à ses réactions, on a tendance à juger sur des apparences et des aprioris, en particulier Simon, chef d’entreprise dévoué, mais aussi colérique et impatient. Il refuse de voir l’héritage de son grand-père lui être enlevé par cette société. Évidemment, son directeur commercial, David, va en faire les frais.

Ce qui au départ va être un combat de coq de basse-cour va prendre au fur et à mesure une toute autre direction. La relation va mettre du temps à s’installer. Rien n’est précipité, tout n’est que découverte, mis en confiance. Ils ne s’attendaient pas à ce que cette alliance commerciale leur apporte un tel changement dans leur vie.

 

Nous découvrons les fêlures de chacun : David et ces peurs, Simon et sa solitude. Laurel nous permet de suivre leurs reconstructions, leurs appréhensions, leurs remises en question. On s’y attache très rapidement. On ressent cette culpabilité de part et d’autre, cette peur de blesser ou être blessé, de faire mal même involontairement. De méfiance, nous passons à de la connivence, à cette envie de voir au-delà de l’apparence. Tout est question de découverte de l’autre, mais aussi et surtout d’acceptation.

Plus qu’une romance, l’auteure joue la carte de l’amour et sa pluralité : amour filial, amical ou sentimental. Les personnages secondaires sont partie prenante dans la reconstruction de David et de Simon, ce qui renforce cette idée d’unité et de soutien.
Quelques longueurs à certains endroits, mais cela n’enlèvent pas le plaisir de cette lecture. Cette relation prend son temps et c’est ce qui en fait sa richesse.

 

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, drame psychologique, faux semblants, Le temps des choix, seconde chance, traumatismes du passé
Série: Auto édition |

Faux semblants par Collectif d'auteurs

Synopsis:

L’objet que vous avez entre les mains n’est pas un livre, pas du tout. Il a les pattes d’un dragon et la gueule d’un loup, l’esprit mathématique et la mémoire chaotique. Il vous tend quelques fleurs, la bague de vos rêves et la clef d’un coffre secret. Vous acceptez ? Vraiment ? Ne sentez-vous pas la pluie glacée qui coule le long de votre dos, n’entendez-vous pas les bijoux clinquer dans l’ombre ? Si vous vous fiez aux apparences, nous ne pouvons plus rien pour vous !

 

Mon avis:

Dès le départ, on nous met le nez dedans! Le synopsis de ce recueil résume à lui seul l’œuvre.

Ce recueil nous offre un panel d’auteurs de talent, mais aussi d’illustrateurs que l’on prend plaisir à découvrir. Merci à l’éditeur de nous donner leurs liens sur les réseaux pour les suivre.

Maintenant, parlons du recueil. Il s’agit de nouvelles MM et FF. On passe par un melting pot d’émotions et pour cause, les auteurs se jouent de la thématique. Tantôt cocasses et drôles, nous nous confrontons aussi à des histoires plus noires, tragiques. La lecture s’enchaîne et nous nous retrouvons bousculés par ces mots, liés à des maux.

Chaque nouvelle à son style, sa musique. Cela devient poétique, harmonieux. Ce que j’ai énormément apprécié, ce sont ces illustrations qui reflètent chaque univers. De la fantaisie au contemporain en passant par de la dark romance, c’est un véritable panel qui nous est offert.

Difficile de résumer chaque nouvelle sans spolier. Je vous propose donc de vous les présenter ainsi: en ouvrant ce recueil, vous allez faire face à de la pudeur, de la vanité, des mensonges, des duperies et leurs revers : culpabilité, imposture, peur,  tristesse, violence, abandon.

 

La thématique principale est réellement passionnante: les faux semblants. Il y a tant à dire sur cette thématique, tant de situations à explorer. Pourtant, il y a toujours ce point commun à chacune de ces nouvelles: que vaut une relation construite sur des faux-semblants ? Le mensonge est parfois le pire des poisons. Mais risquer de se montrer sous sa vraie nature entraîne toujours ce risque d’ être rejeté. Là est toute l’ ambiguïté des sentiments. Mais la duperie ne dure qu’ un temps…  On nous révèle les différents degrés des faux semblants et la cruauté qu’ils peuvent entraîner. Car cela est une réalité : les faux semblants ne sont que des actes égocentriques et cruels. Ils révèlent ces tabous qu’on ose révéler, dirigés par ce sentiment universel : la peur. Ces actes sont toujours justifiés comme un moyen de protéger des autres, de leurs regards, jugements au final. Et en cela on se retrouve en chacun d’ eux.

C’est en cela que ce recueil marque: cet écho à notre propre histoire, cette remise en question qui s’ensuit.

Encore merci pour ce moment de lecture. Je vous le recommande chaudement.

 

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, contes et légendes, drame psychologique, fantasy, faux semblants, homophobie, Le temps des choix, recueil, sexualité atypique, traumatismes du passé
Série: YBY Editions |

Le naufrage de Noé par Kelly Galhager

Synopsis:

Dans la vie, Noé est triste. Dépressif et suicidaire même. Gabin a l’air toujours heureux, enjoué et survolté. Pourtant Gabin habite lui aussi dans le couloir 4 du pavillon bleu de l’hôpital psychiatrique. Parrain de thérapie de Noé, les rôles vont peut-être s’inverser pour que chacun retrouve le bonheur malgré les interdits et les convenances.

Mon avis:

Nous faisons connaissance avec Noé lors de son arrivée dans le pavillon bleu. Il découvre son nouveau lieu de vie, adapté à des personnes « comme lui ».

Noé se pense perdu. Comme il le dit, tous ces médecins et thérapeutes pensent comprendre le mal dont il souffre, mais qu’en est-il en réalité ? Lui qui est si renfermé sur lui-même va se voir confronté à un élément inattendu : un parrain, Gabin.

On nage en eau trouble… On s’interroge dès le départ. Comme les autres on essaie d’apprendre à le connaître, le découvrir pour comprendre.

Comment survivre quand on a appris à se détester, à vivre avec le dégoût de soi ? Voilà ce qu’endure Noé depuis l’enfance jusqu’à cet appel d’espéré qui l’a mené dans cet hôpital. Il paraît soumis et résilié à cette vie qu’on lui impose.

Gabin, lui est,
avec ses antécédents et son comportement, un jeune homme un peu trop dans l’excès, instable, dangereux. On ne peut lui faire confiance selon certains thérapeutes. C’est une bombe à retardement. Mais encore une fois, les apparences sont trompeuses.

Voilà comment résumer cette histoire : un jeu de dupes.
L’un est lumière là où l’autre est obscurité. Mais leur rencontre va changer la donne, car dans le savoir, l’un et l’autre ont beaucoup plus de points en commun qu’ils ne le pensent. Ce qui au départ est une obligation non consentie va prendre une tout autre dimension. C’est une lecture intuitive où les maux ne nous sont pas révélés de front. L’auteur nous décrit de façon détournée tous ces « symptômes », ce mal-être qui entourent Noé, Gabin et les autres résidents, qui ne sont véritablement dévoilés qu’une fois que nous avons appris à les connaître. On ne peut que supposer et comme les psychologues et thérapeutes, appréhender les révélations.

Tout n’est qu’apparence et sensibilité. L’auteure joue ces cartes avec cette volonté de dévoiler leurs véritables natures. On les suit dans leurs introspections, leurs remises en question. Tout n’est que haine, amertume et rejet, solitude et souffrance ; incompréhension.
On se retrouve à avoir une bouffée de compassion pour ces personnes. On tremble parfois de peur d’une rechute, l’autodestruction plane au-dessus d’eux… On se retrouve, comme Noé et Gabin, sur un fil. Un fragile équilibre que nous ne pouvons que suivre avec appréhension.

Des sujets sensibles, actuels, qui touchent beaucoup de personnes, dont on parle peu. C’est une lecture marquante, finement amenée…

Bref j ai adoré. Franchement je note un 4 bien que quelques coquilles nous titillent les yeux, des mots oubliés certes, mais face à l’histoire, on les oublie à notre tour. C’est, à l’image de Noé et Gabin renversant de sincérité.
 

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Genre: au delà des apparences, drame psychologique, faux semblants, handicap, Le temps des choix, romance, seconde chance, traumatismes du passé
Série: Auto édition |

La petite dernière par Fatima Daas

Synopsis:

Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.

Mon avis:

Je vous préviens immédiatement, cette lecture sort des sentiers battus. Ce n’est pas une romance, mais un témoignage, un cri du cœur.

Nous faisons la connaissance de Fatima. Fatima qui ne trouve pas sa place. Issue d’une famille aux origines algériennes, musulmans pratiquants d’une banlieue de Clichy, Fatima à ce sentiment d’imposteur qui la poursuit.

L’auteure nous offre son témoignage, celui d’une jeune femme comme beaucoup qui se retrouve tiraillée entre une culture et ses croyances, et cette société moderne.
Nous rentrons dans l’intimité de l’auteure. C’est une confession qu’elle nous offre. Depuis enfant, elle n’arrive pas trouver sa place. Chaque membre de sa famille a son rôle et s’épanouit pleinement. Mais ce n’est ce qu’elle souhaite pour SA vie. Elle essaie pourtant, mais évolue avec ses émotions contradictoires. Des rapports inconstants et instables c’est continuellement.

« Transgresser les commandements reviendrait à s’assumer, ressembler à ce que l’on ne veut pas être. Toute la difficulté est là : comment avouer l’inavouable, rejeter son patrimoine, sa culture, sa religion.

Elle va grandir en cherchant désespérément ce sentiment d’appartenance. Elle va se chercher et Nina va arriver dans sa vie. Nina va bouleverser son monde et la vision qu’elle s’en faisait.

Ne cherchez pas de romance. Nous avons sous les yeux un journal intime, une confidence que l’auteure nous offre. Ces fragments de vie passés. C’est cash, c’est douloureux, c’est si fragile. Mais en réalité c’est surtout criant de vérité.

Elle aborde avec beaucoup de maîtrise la thématique de l’homosexualité et la religion au cœur de ce livre. On découvre les us et coutumes de cette religion et on se rend compte que les interprétations des textes, interdiction au péché… Cela fait écho à d’autres religions et leurs homophobies.

Au final, cette lecture est fragile et douce de fragments de vie…

En refermant ce livre, on s’interroge, on se remet en question… C’est percutant. Et on ne peut dire qu’une chose : Bravo.

 

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Genre: au delà des apparences, choc des cultures, faux semblants, homophobie, Le temps des choix, religion
Série: Les Éditions Noir sur Blanc |

« Arrête avec tes mensonges » par Philippe Besson

Synopsis:

Quand j’étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter :  » Arrête avec tes mensonges.  » J’inventais si bien les histoires, paraît-il, qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier. Aujourd’hui, voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre. Autant prévenir d’emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.

 

Mon avis:

Nous faisons connaissance d’un jeune homme blasé alors âgé de 17 ans.
À l’époque, c’est un élève studieux sans  aucune ambition autre que de plaire à ses paires. Mais c’est aussi un jeune homme marginalisé, traité par les autres étudiants, car il dénote de la meute…  Oui il aime les garçons, de cela il en est sûr, mais il préfère se taire que d’avouer. Il est dans une sorte de déni volontaire face aux autres. Une façon de se détacher de cette étiquette d’exemplarité qu’on lui colle à la peau.
Oui, mais l’arrivée de Thomas va tout changer. Thomas, l’énigmatique étudiant d’une autre classe, inaccessible, celui qui ne prend jamais part aux moqueries, mais qui ne connait même pas son existence. Un étranger à ses yeux, un garçon à l’évidence pas pour lui. Et portant, Thomas va changer le cours de son existence toute tracée.
L’homme qui nous raconte son histoire se dévoile à nous sans pudeur, avec un regard critique sur ce jeune homme qu’il a été et qui a connu ce premier amour. Un amour fort, puissant qu’il n’oubliera pas, mais qui restera sous silence. Un secret, voilà comment elle se définissait. Un secret inavouable dans ce coin perdu, dans ce monde si étroit d’esprit, dans une époque où le Sida commence à faire parler, mais sans imaginer les drames qu’il engendrera. C’était en 1984 et pourtant, ce secret finira par le rattraper.

Il y a peu de dialogue. L’homme se met à nu face à son interlocuteur, nous les lecteurs. Un instant hors du temps, une parenthèse où il cesse ses mensonges, nous ouvre son intimité et des sentiments qu’entraîne ce mensonge à ma vue des autres: le manque, la privation, l’attente, le désir, inaccessibilité, cette pour constante d’être découverts, qui est amplifié par les premiers émois qui ne peuvent durer toute une vie… Qui ne sont qu’une parenthèse enchantée dans ce quotidien qui leur sont dictés.

Ce qui choque, une véritable volonté de l’auteur , c’est que cette histoire n’est autre qu’une confession. Un cadeau qu’il nous offre, un message lourd de sens.

Voilà ce qu’il nous livre: la vérité sur des désirs réprimés à cause des autres… Et ces émois lors de ses instants d’abandon, d’oubli de soi que l’on tait, qu’on se refuse, ces mensonges éhontés et pourtant si beaux, ce sentiment de gâchis.

Un mot résume ce bijou: défection. Un livre qui sonne telle une claque.

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NB je mets le format ebook et Poche, le format papier étant moins cher.


Genre: amitié / amour, au delà des apparences, choc des cultures, drame psychologique, faux semblants, Le temps des choix, romance young adult, traumatismes du passé
Série: Pocket |

Série Loving Clark par Kyrian Malone, Manhon TUTIN

Tome 1:

Clark McKenna, 17 ans, rentre au lycée Providence High en Californie. Clark est mentalement différent, et ses nombreuses consultations à Providence dans plusieurs cabinets psychiatriques le précèdent, aussi bien auprès de ses camarades que du corps enseignant. Plongé dans son imaginaire, sa perception du monde réel est biaisée, traduite par ses filtres émotionnels. Ses réactions, ses réflexions incomprises, Clark est en errance de diagnostic soumis à des traitements inadaptés. Considéré comme bipolaire, lunatique, schizophrène par des spécialistes incompétents, ce qu’il est demeure enfoui au fond de lui, annihilé par des médicaments inutiles. Pourtant, en arrivant à Providence High, Clark espère que les choses changeront pour lui. Il y a ce garçon Elliot Hamilton qui sera dans sa classe, et son professeur de lettres James Coleman, seuls personnes capables de le comprendre…

 

Tome 2:

Le sens de la justice, de l’équité, voilà deux concepts inhérents aux Aspergers. L’injustice, Clark Hastings en a souffert durant toute son enfance et son adolescence. Montré du doigt parce qu’il était différent, moqué par ses camarades, inconsidéré par le corps enseignant ou mal diagnostiqué par des médecins incompétents, Clark a très vite compris que dans ce monde à deux vitesses, il devrait s’en sortir seul, que pour être accepté en société, il lui faudrait faire semblant, mettre en place des stratégies d’adaptation, des illusions pour paraître « normal ».

 

Mon avis:

Nous faisons la connaissance de Clark, ce jeune homme dont l’apparence de « fou, déséquilibré » fait de lui un marginalisé.
On vit ce quotidien à travers ses yeux mais aussi de ses ressentiments ce qui rend ce texte fort. On ne lit pas, on vit avec cet handicap. On découvre ce quotidien qui est un combat continuel face à la bêtise de certains, l’ignorance des autres. Clark est différent c’est un fait mais ce n est pas pour autant que c’est un monstre. On ressent tout cet agacement qu il ressent. L auteure ne nous épargne rien au point que nous réagissons et cela dès les premiers chapitres.
Kyrian nous prouve que ces « 1% de la population » sont certes à part mais surtout ce sont des personnes touchantes, qui voit au delà des apparences. Ce qui pour une majorité d ignorant est un handicap est en réalité un réel trésor : ils ressentent autrement, ils en deviennent authentique. C’est en ça qu ils sortent de cette société manichéenne, à l esprit si étriqués et leurs réactions exacerbées face à l’inconnu.
Voilà pourquoi ce roman marque, nous interroge, nous ouvre les yeux là où nous sommes aveuglés. On nous imposons nos us et coutumes sans chercher à comprendre que d autres peuvent penser autrement. C’est bien de cela qu’il s agit, un ode à ces hommes et femmes différentes certes et pourtant qui méritent d être connues, voir reconnues. C’est un pamphlet la morale, la liberté et le devoir.

Nous voyons aussi le combat de l entourage et en particulier les parents, face à ces murs, totalement démunis face à des médecins incapable de donner un diagnostic définitif. On ressent cette douleur de voir son enfant devenir un rat de laboratoire où on tâtonne à l aveugle… Et les conséquences que cela engendre sur le quotidien de chacun.
Certains préfèrent la fuite, d autres comme le père de Clarke décide de faire front. On devient administratif face à cette détermination d offrir une chance à la chair de sa chair.

Et nous ne pouvons que fondre devant cette romance, ce premier émoi qu’on connaît tous et toutes… Tout est décrit avec une fluidité si limpide, si simple… La raison ? Encore une fois on ne lit pas mais on ressent ces émotions nous prendre car on le vit à travers les yeux de ce jeune homme si sensible qui voit autrement qu’avec ses yeux mais avec ses sens.

 

Dans ce second tome, nous retrouvons Clark à présent diplômé qui va entamer ses études supérieures à Providence. Ce roman se découpe en deux parties.

Dans un premier temps, Kyrian continue de nous confronter à la réalité d’une personne « à part ». On ne parle pas d’autisme. On ne parle pas d’homosexualité ou de haut potentiel. Non, on nous décrit le parcours d’un jeune homme qui se voit confronter à cette réalité avec le cumul de ces trois spécificités. Rien n’est enjolivé. Tout est authentique, réaliste. Les mots, les sentiments, les réflexions… tout n’est qu’intensité émotionnelle et verbale.

Telle une autopsie, on dissèque le quotidien d’un Asperger qui passe de l’adolescence au statut de jeune adulte en quête d’indépendance. On nous expose la perception de la réalité, les incapacités et inconforts de ce jeune homme atypique. On s’immerge dans le quotidien de Clark. On ne lit plus, on vit ce quotidien pesant, ambigu, voire stressant. Tous ne sont qu’anticipation pour ne pas succomber à cette appréhension de l’inconnu, de l’inattendu, dans cette incapacité sociale et handicapante. On prend conscience du calvaire qu’il endure pour se fondre dans notre société et s’adapter à chaque instant à ces convenances sociales. Clark nous apporte ce plus, que nous autres neuro- typique oublions : on ne juge pas uniquement sur une apparence.
Cette adaptation de l’enfance à la vie d’adulte est aussi difficile pour celui qui le vit que ceux qui l’accompagnent dans ce processus.

Voilà comment aborder la deuxième partie de ce roman : devenir adulte, c’est faire des choix et en assumer les conséquences. Dans cette réalité bicolore, où le bien se confronte au mal, comment se considérer ? Ange ou démon ? Kyrian nous expose des faits, des ressentis, des combats quotidiens pour essayer de conjuguer cette normalité imposée et cet esprit de justice. Voilà en quoi Clark nous marque, nous ébranle, nous touche. Tout est authentique. C’est en cela que cette lecture n’en est plus une. C’est beaucoup plus. Entre morale et devoir, nous-mêmes lecteurs, venons à être mis à rude épreuve.

À la fin de cette lecture, on ne peut que se demander quand nous sera proposée la suite. L’ambivalence, l’interrogation, ce malaise qu’on ressent ne nous lâche pas. On en redemande ! On veut savoir. Mais plus encore, cette histoire tient presque d’un témoignage. On ressent un vécu très fort dans cette plume. Kyrian nous avait prévenu, elle est incisive, cash, éprouvante mais au combien touchante. Vous êtes prévenus, on ne ressort pas indemne d’une telle lecture

Je tiens aussi à mettre en avant Manon TUTTIN qui a réalisé cette adaptation car Loving Clarke est, au départ un roman lesbien. Manon a réussit à adapter cette superbe histoire de fait que notre lecture est fluide, sans incohérences. On ne peut que la remercier.

Sans elle, j’aurais loupé quelque chose! Car je vous le garantit, cette histoire est à l’image des montagnes russes! On passe par tout un melting pot de sentiments.

Maintenant la question qui fâche … En vu de ces épilogues, on ne peut ressortir de cette lecture sans se demander « et après ? Que deviennent-ils? »

 

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, faux semblants, handicap, handicap social, Le temps des choix, romance young adult, seconde chance, série
Série: Homoromance éditions |

Le choix de l’Oranger par Gabriel KEVLEC

Synopsis:

Samaël Kerléo, vingt-quatre ans, plus ou moins prof, monstre, moitié d’homme ». C’est ainsi que Samaël se serait présenté s’il ne s’était pas enfermé dans un empire de solitude après son agression. Alors qu’il ne se nourrit plus que de rêves et de poésies, réfugié derrière ses écrans ou dans les forêts qu’il arpente inlassablement, deux hommes vont venir ébranler son monde. A l’hôpital, il croise Ferréol, un infirmier tout en lumière et assurance, et qui porte l’écarlate de la passion et du sexe en bandoulière. Sur Twitter, la douceur des mots et des images de Manoé le bouleverse, et l’alchimie explose en mille nuances azur. Deux rencontres. Deux couleurs. Deux graines d’histoires qui germent ensemble dans la poitrine d’un homme à qui jusqu’alors tout manquait. Tiraillé entre réel et virtuel, écartelé entre rouge et bleu, Samaël est incapable de faire un choix. André Gide l’a écrit : choisir, c’est renoncer. Ce qu’il a oublié de préciser, c’est que choisir, c’est parfois la chose la plus difficile au monde. Et qu’un coeur, ça peut être grand comme une place publique.

Mon avis:

Nous faisons la connaissance de Samaël, 25 ans résidant à Clermont avec son chat Manson.  À cet instant, Samaël dégage ce sentiment de solitude et pour cause, il se sent en perpétuel décalage. À l’image d’un marginal, il se décrit comme un Monstre des contes de fées, cette Moitié d’homme. C’est un homme brisé, qui ne survit que dans l’Obscurité, essayant de retrouver cette étincelle de vie qu’il a perdue depuis son agression. Sa seule échappatoire ? Ce blog où il laisse anonymement ses poèmes, ces vers, ces pensées les plus personnelles et ses rencontres anonymes et éphémères qui lui apportent qu’ illusions de satisfaction de besoins primaires.

Samaël est un être à part, qui se cache.  Cette marque indélébile le contraint dans son quotidien. Il n’aime pas l’image qu’il dégage, ne trouve pas sa place dans la vie. Et pour cause, il est dans un entre-deux, plus mort que vivant. Nous découvrons au fur et à mesure de ses confidences les fantômes qui le suivent depuis cette nuit… L’ampleur du traumatisme avec lequel il vit au quotidien.

Mais tout cet ordre établi va être remis en question en faisant la connaissance ce cet être « azur ». Ce « M », rencontre par écran interposé puis Ferréol, un infirmer. Deux hommes, deux chemins de vie différents et pourtant ce même écho dans son cœur et sa tête …

L’un et l’autre sont de deux univers différents et pourtant lui apportent cette même sensation : être écouté et accepté dans son entièreté.

Deux rencontres qui vont bouleverser la vision du monde de Samaël. Comme le dit si justement Gabriel, Samaël n’est qu’une âme en champs de bataille, fatiguée de lutter, avide d’abandons et de servitude. Mais encore une fois les apparences sont trompeuses. Chacun recèle au fond de lui cette partie d’ombre qu’ils essaient tant bien que mal de dissimuler.

Dans ce roman, il est question d’ apparence, de sentiments, de désir. Avec ces notes de poésie, nous nous retrouvons tel un spectateur silencieux à suivre ce jeune homme aussi beau que seul se remettre en question, sortir de sa zone de confort. Il prend des risques, tiraillé entre ces deux tentations. Il est question de choix, un choix cornélien, un choix infaisable pour ce cœur si tendre et fragile. Le polyamour est la thématique qui découle de ce choix. Mais encore une fois, l’auteur se joue des apparences et nous décrit avec cette poésie, sa définition de ce sentiment multiple. C’est délicat, c’est précieux. Le ressenti tellement humain. C’est bête à dire, mais on se retrouve quelque part en eux.

Ce qui au départ est une lecture devient peu à peu une confession, un instant hors du temps où nous découvrons une part de cette intimité. C’est un partage qu’on nous offre empli de couleurs. D’obscurité, nous allons doucement vers du clair-obscur à la lumière. Ce qui est frappant c’est cette poésie qui nous accompagne et qui atténue le côté dramatique de l’histoire. Les scènes érotiques coulent de sens. Il n’y a rien de provocateur. C’est cru, c’est viril, mais au final, tout n’est que poésie des sens, découverte de l’autre. On ne parle plus de scènes de sexe torride, mais de vulnérabilité, d’oser se montrer entièrement face à l’autre.

Pour ma part, contrairement à mes habitudes, j’ai pris le temps de le lire. Je n e l ai pas lu d’une traite. Non pas qu’il soit mauvais. Loin de là. Mais cette musicalité, cette poésie nous suit. Elle amène cette envie de savourer chaque chapitre, chaque rebondissement. C’est ainsi que je qualifierais ce roman: un concentré de poésie d’ une lecture éprouvante. Mais quelle histoire ! Samaël est un être bancal, abîmé ( et c’est un mot faible) et pourtant il est magnifique et touchant.

Tout n’est qu’authenticité, vulnérabilité et sensibilité. C’est aussi un pamphlet sur le polyamour, un échange de point de vue. Ce qui en général est mal perçu prend une tout autre dimension. On nous décrypte son fonctionnement, les tenants et les aboutissements. Chacun se fera son idée sur la question, mais encore une fois, rien ne nous est imposé, on nous laisse le choix de nous faire notre propre avis sur la question et c’est en cela que le roman sort du lot. Tout est une question de choix.

Un coup au cœur tout simplement.

 

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Genre: au delà des apparences, drame psychologique, faux semblants, Le temps des choix, traumatismes du passé, trouble
Série: EX AEQUO |

Emprise par Emy BLOOM

Synopsis:

Raphaël a tout pour être heureux. Il vit un vrai conte de fée… Grâce à son compagnon, il a une existence que beaucoup rêvent d’avoir. Mathieu lui a offert de vivre de sa passion, dans un cadre idyllique, dans un somptueux appartement avec vue sur la mer. Il lui a offert un environnement et un entourage qui le tirent vers le haut. Oui, selon les autres, Raphaël a une vie de rêve. Mais la réalité est bien différente. Quand les portes se ferment, qu’il n’y a plus de témoin, ce qui a débuté comme un rêve est devenu un cauchemar. Sans s’en rendre compte, Raphael est tombé dans le piège abyssal de son prédateur qui ne voyait à travers lui qu’une proie… Mais qui pourrait le croire, comprendre ce mal être qui le ronge ? Peut-être Michael… Cet ami perdu de vue il y a cinq ans qu’il recroise par hasard… Peut-être. Mais pour se sauver de cette relation qui le tue à petit feu, la seule personne qui pourrait sortir Raphaël des griffes de son compagnon, c’est lui-même. Raphaël sera-t-il capable de sortir de cette… Emprise ?

 

En vue de la sortie de l’adaptation de Emprise en version FF le 7 Mai, je vous repropose de découvrir ou redécouvrir l’avis de Rose TAYLOR, chroniqueuse du blog M/Meninbooks:

Etant l’auteure de ce roman, j’ai, avec l’accord de Rose que je remercie une fois de plus, souhaité vous donner un avis professionnel et impartial. Voici son retour de lecture.

Je dois avouer que j’ai eu peur d’ouvrir ce nouveau roman d’Emy Bloom, non pas qu’il soit mal écrit -bien au contraire- mais plutôt par peur de tous les sentiments que sa lecture risquait de provoquer en moi. Et ça n’a pas loupé, il y a bien des situations où j’ai du mal à m’exprimer, la maladie -et je ne parle pas de rhumes mais plutôt celles dont on ne sort pas indemne-, le deuil d’un proche, l’homophobie et la maltraitance envers un être vivant se rangent aussi dans cette catégorie.

On suit le long calvaire de Raphaël, dés le départ, il nous apparait comme piégé dans une relation qui sur le papier avait tout pour être idyllique mais qui tourne au cauchemar au fil du temps. Oh oui, Mathieu a extrêmement charmant car en plus d’être beau, séducteur, intelligent, il a un métier qui lui plait, l’entourant d’une sorte d’aura qui va impressionner Raphaël. Il sait manier les mots pour attirer ce dernier avec de belles paroles et une assurance assise par quelques années de plus.  Et même si ce dernier n’a pourtant rien à lui envier, il se sent moins à l’aise dans ses ambitions professionnelles, il semble plus fragile, moins assuré et c’est là, la brèche que va utiliser le manipulateur pour mettre le jeune homme sous sa coupe.

Ce sujet des violences conjugales est au cœur de cette année un peu particulière, on en parle beaucoup partout et c’est tant mieux. Ce roman apporte comme une sorte de témoignage du quotidien que doivent affronter les hommes et les femmes maltraités. Car bien qu’on parle beaucoup des femmes, le phénomène touche aussi les hommes et les enfants.

L’auteure n’a tout de même pas fait dans l’acide, le morbide ou l’agressivité, elle a su manier les mots pour amener cette situation douloureuse de façon à nous faire comprendre les tenants et aboutissants d’une manipulation d’abord mentale puis de plus en plus physique, avec une certaine douceur. Oui ça semble contradictoire avec le thème, mais c’est ce parti-pris qui m’a  beaucoup plu. On suit bien le calvaire de cet homme face à son conjoint charmeur, charmant néanmoins moralisateur et malveillant, mais sans que le lecture n’en devienne agressive ni dérangeante.

La construction du roman, alternant le présent dans lequel Raphaël se débat comme un être perpétuellement terrifié et le passé lors de sa rencontre avec son tortionnaire, est intéressante car elle amène insidieusement vers la situation violente. Tout au long des pages, on a envie d’arracher Raphaël à son prédateur en lui criant de ne pas faire cette bêtise, que c’est gros comme le nez au milieu de la figure, mais l’amour étant ce qu’il est, les yeux se remplissent d’étoiles et on plonge direct dans les tourments des premiers émois, des premiers baisers et déclarations même lorsque notre cerveau pourrait vouloir le contraire. Une situation qui, somme toute, pourrait arriver à tout un chacun surtout lors d’un premier amour, d’une phase de mal-être ou toute période où la vie est un peu moins clémente. Dans un couple, tout peut arriver en fonction des circonstances de la vie. Le vivre est un calvaire, le savoir est un objectif et le prévenir une nécessité.

Je ne peux que le conseiller sa lecture, mais soyez dans une période paisible pour affronter cette histoire difficile. Rose Taylor

Merci à Emy Bloom pour son SP.

 

 

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Genre: au delà des apparences, faux semblants, Le temps des choix, survivants, traumatismes du passé
Série: Homoromance éditions |