Je suis qui? Je suis quoi? par Jean Michel Billioud, Sophie Nanteuil, Terkel Risbjerg, Zelda Zonk

Synopsis :

Tu aimes les filles ? Tu aimes les garçons ? Tu ne sais pas trop ? Ton genre, ton corps ne te conviennent pas ? Tu te poses des questions sur ta vie, tes envies… et tu n’oses pas en parler autour de toi ? Ou bien un ou une amie vit cela ?

Ce livre peut t’apporter des réponses. Notre identité n’est pas définie par la personne que l’on aime, ni par son genre. Tu peux être qui tu veux. Et personne ne peut te l’interdire.

 

Mon avis:

Notez que ce livre n est pas une romance mais je me devais de vous en parler. Il est d utilité publique.

Je l ai acheté pour mes enfants de 8 et 10 ans. Pourquoi ? Car ils arrivent à ce moment de la vie où ils se posent ces questions d identités. Bien que le sujet est ouvertement discuté à la maison, en parler quand il s agit de soi est une mission bien difficile autant pour l enfant que pour la personne à qui il se confie. Je parle de personne en général car ce n est pas forcément avec ses parents qu’ils aborderont le sujet… oncle tante ami, tout le monde est concerné.

Ce livre est un hymne à la tolérance. Un livre qui devrait être remis à chaque enfant dès le plus jeune âge. Il traite de la sexualité et de son identité dans sa généralité. Voilà ce qui est superbement bien pensé.

Les témoignages de tous âges,ces bd qui retracent des hommes et des femmes qui s assument, la mise en avant des préjugés et les conseils pour y faire face…

Oui un livre que nous ne pouvons que recommander. Un cadeau ludique, intelligent prônant la tolérance. Bravo à ceux qui y ont participé

Je ne peux que vous le recommander.

 

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Genre: au delà des apparences, faux semblants, Le temps des choix
Série: Casterman |

T’as pas le sida j’espère par Fred Colby

Synopsis:

Cette phrase – « T’as pas le sida j’espère?! » – est le point de départ de ce livre témoignage. Parce que certains mots font plus mal que des coups. Je m’appelle Fred, j’ai 39 ans et je suis séropositif. Mon histoire n’est ni banale ni extraordinaire. C’est l’histoire d’un jeune gay qui a fui une petite ville à la mentalité étriquée pour vivre son homosexualité de façon plus libérée à Paris. Un garçon qui a connu de grands moments de bonheur et aussi de grands moments de peine. Qui a contracté le VIH à une période de sa vie où il était particulièrement seul et vulnérable. Et qui a transformé cette épreuve en force, en combat et en fierté.

Mon avis:

Comment aborder la thématique « au delà des apparences » sans vous partager cette lecture ? Fred Colby nous confie, de par son autobiographie, un témoignage sans phare de sa vie. De son enfance difficile à sa quête pour trouver sa place dans cette société, Fred explique les difficultés qu’il a rencontrées tout au long de ses années. Lui le petit gars d’une famille de banlieue qui se découvre attiré par les garçons, le rejet familial, sa jeunesse en quête d’identité, ses expériences qui lui permettront de grandir, faire de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. Puis vient ce diagnostic tant redouté : il est séropositif. Une fois encore, Fred nous conte son parcours, de nouveau ce rejet, cette sérophobie, sa reconstruction.

Alors oui, c’est cash, c’est cru, c’est égocentrique aussi. Mais rappelons que c’est une autobiographie. C’est en cela qu’elle nous offre une telle claque. Je ne peux que vous la recommander. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est encore trop rare de lire un témoignage d’un séropositif de nos jours. Comme le remarque si justement Fred, la population a tendance à stéréotyper le VIH par le Cancer Gay, les années Sida, ces personnes qui souffrent et meurent prématurément. Ce récit nous est conté par un homme qui est certes séropositif, mais il vit, il est en couple. Voilà la grande différence et c’est en cela que ce livre devient d’utilité publique. Fred prend le temps de faire de la pédagogie, nous expliquer les nouveaux traitements qui offrent cette sécurité si précieuse aux personnes séropositives comme aux autres. C’est un engagement, un acte citoyen !

Fred veut faire passer un message : on peut être séropo et vivre en étant « clean ». En refermant ce livre, on ne peut que le féliciter de cette démarche. Il n’est en rien évident de confier une part de son intimité. Alors oui, certains bondiront sur leur fauteuil de par ses choix de vie, d’autres seront choqués par ses propos… Personnellement, je pense que ce livre est un pamphlet sur cette population encore trop stigmatisée : les séropos des années 2020. Notre regard change non pas sur ces hommes, mais sur le virus lui-même. Aujourd’hui, il est canalisé. Comme aime à le rappeler Fred, la prévention reste le meilleur moyen de ne pas être contaminé certes, mais ceux qui l’ont été restent des humains et non pas des personnes « sales ».

En clair, cette autobiographie est un pamphlet sur la tolérance. Arrêtons de nous arrêter à nos préjugés, voyons au-delà des apparences.

 

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Genre: au delà des apparences, choc des cultures, drame psychologique, maladie, survivants
Série: Librinova |

La folie de ton amour par Eva TERELLON

Synopsis:

« L’amour tue. » C’est ainsi que s’ouvre ce récit en forme de chronique d’un amour fou. Un amour qui éclot sur les cendres d’un autre, face au deuil, à la dépression et aux drames de la vie. Un amour pour lequel on est prêt à tout, même à se perdre. Lorsqu’Alban, jeune diplômé, s’installe sur la côte normande, louant un petit pavillon qui surplombe la falaise, il s’attend à tout sauf au rire de Cédric. Ce rire l’envoûte, le transporte et le fait basculer en un clin d’oeil, l’enchaînant irrémédiablement à la piquante insolence de son beau voisin. Cédric, lui, a déjà construit sa vie avec l’énigmatique et richissime Dimitri, son ami d’enfance. Un homme perspicace s’il en est et qui ne manque pas de remarquer l’ardente admiration que nourrit Alban. De là naît une bien étrange amitié entre Dimitri et Alban, qui peu à peu trouve sa place aux côtés du couple. Il apprend à connaître Cédric son rire autant que ses failles et ne désire plus que le protéger, quitte à s’effacer pour garantir le bonheur de l’homme qu’il aime. Quand survient le pire, c’est tout naturellement sur lui que s’appuie Cédric. Mais enivré par la confiance que lui témoigne son bel ami, Alban demeure aveugle à la détresse profonde dans laquelle se noie ce dernier. Aveugle à Cédric… et aux dauphins.

 

Mon avis:

La préface résume parfaitement cette histoire. La difficulté d’être celui qui passe après la perte du grand amour, celui qui n’est qu’un substitut. Comme nous le montre l’auteure, l’amour tue. On peut essayer de toutes ses forces, si la personne endeuillée est trop prise dans les abysses de la perte, on ne peut rien faire. On a toujours l’espoir de « guérir » l’être que l’on aime, à tel point qu’on est aveuglé et on ne se rend compte que trop tard de nos songes éveillés. Malgré les apparences, certaines personnes ne sortent jamais de ce deuil…

Cette histoire est renforcée par l’utilisation du « Je » et une narration qui se fait au passé. L’histoire nous est contée alors que les faits se sont déjà produits. L’auteure nous met devant un fait accompli, on ne peut que subir, tout comme son personnage principal, Alban. On ressent ce melting pot d’émotion qu’il vit tout du long de sa relation: le désir, la gêne, l’envie, la détresse, ce sentiment de ne pas être à sa place, d’être un usurpateur. De plus, par sa plume, elle renforce ce sentiment de détresse et d’incompréhension par cette atmosphère sombre et pesante.

Malgré toute cette détresse, l’épilogue est juste sublime. Cette relation avec les dauphins nous apporte une sorte de réconfort et au final, une acceptation des faits. On ne peut pas sauver tout le monde. C’est un fait, une réalité mais l’Homme se relève toujours.

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, deuil
Série: Mix Editions |

L’Amour suprême par Taram Boyle

Synopsis:

Jérémy est un charmant sportif de 19 ans, originaire d’une cité défavorisée. Il rencontre accidentellement Stéphane Davouret, un magnat de la mode arrogant et dédaigneux. Il lui propose une séance photos avec Malik, un sous-traitant dont il exploite secrètement les talents artistiques. Jérémy et Malik s’apprécient mutuellement, mais leur complicité spontanée déplaît au puissant homme d’affaires qui ne reculera devant rien pour les soumettre à ses exigences.

 

Mon avis:

Voici une histoire qui nous sort des sentiers battus. Ne vous fiez papa à la 4e de couverture… Elle est, à l’image de Jeremy trompeuse.

Jeremy, un jeune étudiant de 19 ans originaire d’une cité. Le jeune homme survit tant bien que mal avec sa mère dans cet environnement où pauvreté et apparences font loi.

Jeremy est un être à part. Dès le départ, on ne peut que se prendre d’affection pour ce jeune homme perdu, en quête d’identité. On ressent toute cette culpabilité qu’il traine tel un boulet, devant faire face à des responsabilités qui ne sont pas les siennes. Il subit plus qu’il ne vit. Sa vie se résume à une source constante de peurs et de conflits intérieurs. Il est totalement dans le déni non pas par choix, mais par obligation. Mais des rencontres vont bouleverser son quotidien.

Taram, par la voix de Jeremy nous fait un véritable pamphlet de cette jeunesse perdue, en recherche de reconnaissance, celle qui est oubliée, celle qui cherche par tous les moyens d’exister. Il met en avant cette facilité avec laquelle elle tombe dans l’emprise de personnes qui les exploitent, eux et leurs failles. À trop vouloir briller, on s’en brûle les ailes…

Vous l’aurez compris, cette histoire est autant bouleversante que troublante. Elle nous sort de notre zone de confort. On devient spectateur impuissant de cette chute, on subit, comme Jeremy tout cet engrenage. Mais, et c’est important de le notifier, l’auteur nous offre une morale juste, à l’image de notre société : ne pas faire des généralités. Oui, il y aura toujours des abus, des personnes toxiques, mais nous avons tous ce choix : celui d’être heureux et de s’accepter. Jeremy ne peut que faire écho à notre propre parcours : entre excès et naïveté, une découverte de soi et de ses désirs n’est pas un long fleuve tranquille.

En clair, une claque magistrale, un coup de cœur revendiqué et un auteur que je prendrais plaisir à suivre par la suite.

 

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, bad boys, choc des cultures, drame psychologique, faux semblants, homophobie, prostitution
Série: Auto édition |

La passion en M par Marie-Paule Dunant

Synopsis:

Etudiant en médecine n’est pas une partie de plaisir surtout quand il faut en plus subir les disputes quotidiennes de ses parents qui ne se supportent plus. Un jour la goutte d’eau de trop dans un vase remplit à ras bord tombe. Raphaël n’a pas beaucoup de ressources, mais il arrivera à s’en sortir, se promet-il.
Guitariste dans un groupe de musique, ce n’est pas ce qui permet de vivre correctement. Pourtant, pour rien au monde, Gabriel ne changerait sa vie. Mais pour garder son indépendance, il va devoir faire une concession, se trouver un colocataire pour l’aider à payer les factures.
Deux personnes au caractère diamétralement opposé et des modes de vie complètement différents vont devoir vivre sous le même toit.

Mon avis:

Raphaël, jeune étudiant en médecine de 26 ans est, contrairement à ses autres collègues et amis étudiant, plutôt du genre à jouer la carte de la discrétion. Engagé dans un cursus long et onéreux, il vit encore chez ses parents. Jusqu’à peu, il se satisfaisait de cette concession, mais les disputes à répétitions de ces derniers vont le pousser à partir de cet environnement toxique.
Et nous avons Gabriel. Gabriel le guitariste autodidacte qui ne vit que pour son art et son groupe : les Black Dogs. Gabriel, un autodidacte qui avec ses allures de loubard, sa réputation de Casanova et son caractère impulsif est un électron libre.

Deux modes de vies et de classe sociale différentes… rien ne pouvait amener ses deux hommes à se rencontrer et pourtant… Tout débute sur cette petite annonce : » beau gosse intelligent, recherche colocataire pour partage de frais« . Raphaël, malgré une certaine appréhension (justifiée d’ailleurs) va se retrouver en collocation avec cet homme qui ne se prend pas au sérieux.

Ce qui au départ devait être une collocation va prendre une tout autre tournure. L’un et l’autre vont devoir apprendre à vivre ensemble, faire des concessions. Mais plus encore, ils vont se sortir de leur zone de confort. Cette promiscuité imposée est une réelle remise en question sur ce qui était, jusqu’alors acquis.

Nous avons des scènes causasses, voir hippiques, mais qu’il parle à chacun d’entre nous. C’est du vécu, des petits incident ou instant de vie en communauté qui font écho à notre propre quotidien. On apprécie chaque petit détail qui dévoile peu à peu ces hommes derrière leur apparence. On ressent toute cette crainte, cette appréhension à se laisser à une intimité. On s’ouvre à l’autre, on dévoile ses fêlures, ses craintes… Mais aussi on s’expose aux autres. Assumer n’est pas quelque chose d’évident. Les apparences pèsent lourdement sur notre quotidien.

À l’image des compositions musicales de Gabriel, Marie Paule joue avec finesse sur les sentiments, les réactions de l’un et de l’autre, mais aussi ces remises en questions sur soi-même que l’on pensait acquises. C’est une comédie romantique, avec des amis qui sont plus que cela, une famille élargie auprès de laquelle nous nous immergeons.

Leur histoire est à l’image d’une composition en devenir: on tâtonne, on apprivoise, on essaie de trouver les bons accords pour au final créer une harmonie, une symphonie des sens. De cacophonie, nous devenons spectateurs de cette mélodie qui peu à peu va trouver sa propre harmonie.

Un feel good comme on les aime, qui fait échos à notre propre vécu. Une très belle découverte de la plume de cette auteure dans ce style.

Spéciale mention à JP…

 

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Genre: au delà des apparences, choc des cultures, faux semblants, Le temps des choix, musique
Série: Homoromance éditions |

Faux semblants par Collectif d'auteurs

Synopsis:

L’objet que vous avez entre les mains n’est pas un livre, pas du tout. Il a les pattes d’un dragon et la gueule d’un loup, l’esprit mathématique et la mémoire chaotique. Il vous tend quelques fleurs, la bague de vos rêves et la clef d’un coffre secret. Vous acceptez ? Vraiment ? Ne sentez-vous pas la pluie glacée qui coule le long de votre dos, n’entendez-vous pas les bijoux clinquer dans l’ombre ? Si vous vous fiez aux apparences, nous ne pouvons plus rien pour vous !

 

Mon avis:

Dès le départ, on nous met le nez dedans! Le synopsis de ce recueil résume à lui seul l’œuvre.

Ce recueil nous offre un panel d’auteurs de talent, mais aussi d’illustrateurs que l’on prend plaisir à découvrir. Merci à l’éditeur de nous donner leurs liens sur les réseaux pour les suivre.

Maintenant, parlons du recueil. Il s’agit de nouvelles MM et FF. On passe par un melting pot d’émotions et pour cause, les auteurs se jouent de la thématique. Tantôt cocasses et drôles, nous nous confrontons aussi à des histoires plus noires, tragiques. La lecture s’enchaîne et nous nous retrouvons bousculés par ces mots, liés à des maux.

Chaque nouvelle à son style, sa musique. Cela devient poétique, harmonieux. Ce que j’ai énormément apprécié, ce sont ces illustrations qui reflètent chaque univers. De la fantaisie au contemporain en passant par de la dark romance, c’est un véritable panel qui nous est offert.

Difficile de résumer chaque nouvelle sans spolier. Je vous propose donc de vous les présenter ainsi: en ouvrant ce recueil, vous allez faire face à de la pudeur, de la vanité, des mensonges, des duperies et leurs revers : culpabilité, imposture, peur,  tristesse, violence, abandon.

 

La thématique principale est réellement passionnante: les faux semblants. Il y a tant à dire sur cette thématique, tant de situations à explorer. Pourtant, il y a toujours ce point commun à chacune de ces nouvelles: que vaut une relation construite sur des faux-semblants ? Le mensonge est parfois le pire des poisons. Mais risquer de se montrer sous sa vraie nature entraîne toujours ce risque d’ être rejeté. Là est toute l’ ambiguïté des sentiments. Mais la duperie ne dure qu’ un temps…  On nous révèle les différents degrés des faux semblants et la cruauté qu’ils peuvent entraîner. Car cela est une réalité : les faux semblants ne sont que des actes égocentriques et cruels. Ils révèlent ces tabous qu’on ose révéler, dirigés par ce sentiment universel : la peur. Ces actes sont toujours justifiés comme un moyen de protéger des autres, de leurs regards, jugements au final. Et en cela on se retrouve en chacun d’ eux.

C’est en cela que ce recueil marque: cet écho à notre propre histoire, cette remise en question qui s’ensuit.

Encore merci pour ce moment de lecture. Je vous le recommande chaudement.

 

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, contes et légendes, drame psychologique, fantasy, faux semblants, homophobie, Le temps des choix, recueil, sexualité atypique, traumatismes du passé
Série: YBY Editions |

La petite dernière par Fatima Daas

Synopsis:

Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.

Mon avis:

Je vous préviens immédiatement, cette lecture sort des sentiers battus. Ce n’est pas une romance, mais un témoignage, un cri du cœur.

Nous faisons la connaissance de Fatima. Fatima qui ne trouve pas sa place. Issue d’une famille aux origines algériennes, musulmans pratiquants d’une banlieue de Clichy, Fatima à ce sentiment d’imposteur qui la poursuit.

L’auteure nous offre son témoignage, celui d’une jeune femme comme beaucoup qui se retrouve tiraillée entre une culture et ses croyances, et cette société moderne.
Nous rentrons dans l’intimité de l’auteure. C’est une confession qu’elle nous offre. Depuis enfant, elle n’arrive pas trouver sa place. Chaque membre de sa famille a son rôle et s’épanouit pleinement. Mais ce n’est ce qu’elle souhaite pour SA vie. Elle essaie pourtant, mais évolue avec ses émotions contradictoires. Des rapports inconstants et instables c’est continuellement.

« Transgresser les commandements reviendrait à s’assumer, ressembler à ce que l’on ne veut pas être. Toute la difficulté est là : comment avouer l’inavouable, rejeter son patrimoine, sa culture, sa religion.

Elle va grandir en cherchant désespérément ce sentiment d’appartenance. Elle va se chercher et Nina va arriver dans sa vie. Nina va bouleverser son monde et la vision qu’elle s’en faisait.

Ne cherchez pas de romance. Nous avons sous les yeux un journal intime, une confidence que l’auteure nous offre. Ces fragments de vie passés. C’est cash, c’est douloureux, c’est si fragile. Mais en réalité c’est surtout criant de vérité.

Elle aborde avec beaucoup de maîtrise la thématique de l’homosexualité et la religion au cœur de ce livre. On découvre les us et coutumes de cette religion et on se rend compte que les interprétations des textes, interdiction au péché… Cela fait écho à d’autres religions et leurs homophobies.

Au final, cette lecture est fragile et douce de fragments de vie…

En refermant ce livre, on s’interroge, on se remet en question… C’est percutant. Et on ne peut dire qu’une chose : Bravo.

 

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Genre: au delà des apparences, choc des cultures, faux semblants, homophobie, Le temps des choix, religion
Série: Les Éditions Noir sur Blanc |

« Arrête avec tes mensonges » par Philippe Besson

Synopsis:

Quand j’étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter :  » Arrête avec tes mensonges.  » J’inventais si bien les histoires, paraît-il, qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier. Aujourd’hui, voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre. Autant prévenir d’emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.

 

Mon avis:

Nous faisons connaissance d’un jeune homme blasé alors âgé de 17 ans.
À l’époque, c’est un élève studieux sans  aucune ambition autre que de plaire à ses paires. Mais c’est aussi un jeune homme marginalisé, traité par les autres étudiants, car il dénote de la meute…  Oui il aime les garçons, de cela il en est sûr, mais il préfère se taire que d’avouer. Il est dans une sorte de déni volontaire face aux autres. Une façon de se détacher de cette étiquette d’exemplarité qu’on lui colle à la peau.
Oui, mais l’arrivée de Thomas va tout changer. Thomas, l’énigmatique étudiant d’une autre classe, inaccessible, celui qui ne prend jamais part aux moqueries, mais qui ne connait même pas son existence. Un étranger à ses yeux, un garçon à l’évidence pas pour lui. Et portant, Thomas va changer le cours de son existence toute tracée.
L’homme qui nous raconte son histoire se dévoile à nous sans pudeur, avec un regard critique sur ce jeune homme qu’il a été et qui a connu ce premier amour. Un amour fort, puissant qu’il n’oubliera pas, mais qui restera sous silence. Un secret, voilà comment elle se définissait. Un secret inavouable dans ce coin perdu, dans ce monde si étroit d’esprit, dans une époque où le Sida commence à faire parler, mais sans imaginer les drames qu’il engendrera. C’était en 1984 et pourtant, ce secret finira par le rattraper.

Il y a peu de dialogue. L’homme se met à nu face à son interlocuteur, nous les lecteurs. Un instant hors du temps, une parenthèse où il cesse ses mensonges, nous ouvre son intimité et des sentiments qu’entraîne ce mensonge à ma vue des autres: le manque, la privation, l’attente, le désir, inaccessibilité, cette pour constante d’être découverts, qui est amplifié par les premiers émois qui ne peuvent durer toute une vie… Qui ne sont qu’une parenthèse enchantée dans ce quotidien qui leur sont dictés.

Ce qui choque, une véritable volonté de l’auteur , c’est que cette histoire n’est autre qu’une confession. Un cadeau qu’il nous offre, un message lourd de sens.

Voilà ce qu’il nous livre: la vérité sur des désirs réprimés à cause des autres… Et ces émois lors de ses instants d’abandon, d’oubli de soi que l’on tait, qu’on se refuse, ces mensonges éhontés et pourtant si beaux, ce sentiment de gâchis.

Un mot résume ce bijou: défection. Un livre qui sonne telle une claque.

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NB je mets le format ebook et Poche, le format papier étant moins cher.


Genre: amitié / amour, au delà des apparences, choc des cultures, drame psychologique, faux semblants, Le temps des choix, romance young adult, traumatismes du passé
Série: Pocket |

À la pâle clarté de nos cœurs sombres par Lou Gahé

Synopsis:

Au cœur des tumultes de l’adolescence, sous les aurores boréales d’Anchorage, Lou se réfugie dans la musique et les contes ancestraux. Sa vie bascule quand d’étranges phénomènes le mettent sur la route de Caelum, un mystérieux jeune homme qui lui dévoile une nouvelle face du monde. Des soirées du lycée aux sabbats de sorciers, entre charmes et jeux occultes, leur rencontre explosive risque bien de renverser tout l’univers.

Puis, de l’autre côté de l’océan, Seize se réveille sur une île déserte du Vietnam, entre les mains d’un bourreau qui n’a de cesse de le torturer. Pour survivre, il devra choisir, entre la proie ou le chasseur, la voie qui tracera les contours de son avenir.

Trois destins. Trois idéaux. Et le monde qui se déchire sur les flots abîmés de leurs passions…

 

Mon avis :

C’est l’histoire de deux jeunes hommes qui se rencontrent, se retrouvent dans ce sentiment tumultueux de solitude et de tristesse. Il y a ce lien qui les lie, ce lien magique qu’ils ne peuvent expliquer et qui pourtant est universel. Ce lien qui va bouleverser leurs mondes en apparence opposés. Nous assistons aux prémices de sentiments forts et incertains. Tout n’est que cela : incertitude, fragilité et beauté à son sens primaire. Leur rencontre va leur insuffler de nouveau cette vie qui les avait désertés.
En parallèle nous faisons la connaissance de Seize, cet être sans nom, sans visage, captif et torturé… Lui qui survit plus qu’il ne vit, qui n’arrive plus à ressentir quoi que ce soit dans cet endroit inconnu. On le suit dans ce besoin de se sauver, de s’échapper de l’enfer où il se trouve.
On s’interroge dès le départ de ce qui lie ces trois hommes, et les questions s’enchaînent, s’entremêlent. On émet des hypothèses, on part dans un labyrinthe de suppositions. Tel un puzzle, on reconstruit cette histoire et là arrivent les premières réponses et tout est remis en question. Le temps se distant, et on se demande où l’auteur va nous mener.
Cette lecture n’est qu’ambiguïté et perplexité. Au départ, nous plongeons dans une romance Young adult « classique entre deux jeunes hommes ». Mais les apparences sont trompeuses. Des rebondissements, des vérités à moitié avouées nous amène à devenir attentifs, on s’interroge et sans s’en rendre compte les pages se tournent sans que nous les voyions passer. On ne peut rien prévoir, que subir comme les personnages. On rit, on pleure, on ressent de la joie de la colère de l’exaspération. Tout n’est qu’attente insoutenable. La rythmique est soutenue, ponctuée de moments hors du temps. On nous tient en haleine jusqu’à cet instant de vérité et le pire c’est que l’on ne peut pas raccrocher avant d’avoir ce mot « FIN », car une fois la qu’on a résolu cette énigme qui nous tient les 3/4 du roman en suspens, on ne peut deviner l après. Car toute vérité n’est pas bonne à dire et les conséquences qu’elle induire peut-être dévastatrice. Vous l’aurez compris, nous sommes littéralement happés par l’histoire et ses secrets qu’elle enfuie. Jusqu’au dernier instant, on retient notre souffle, se demandant jusqu’où tout cela v aller, quel grand final nous attend.
Voilà la magie de Gahé. Tout n’est que poésie des sens, d’un panel de sentiments saupoudré de magie. Notons que le cadeau de Lou, ce bonus où il nous confie sa playlist est perçu comme un cadeau que l’on chéri. Tel un journal intime, chaque chanson est accompagnée d’une note. De ce fait, nous retraçons son aventure. Alors que nous sortons chamboulés de cette lecture, elle amène ce lien si tangible que nous avons pu partager avec lui, nous lecteur.
Pour finir, et comme le dit très justement l’auteur et qui à mon sens résume cette histoire, tout n’est que « des points de suspension aux creux de nos vies ».

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, choc des cultures, contes et légendes, fantasy, romance young adult, traumatismes du passé
Série: Homoromance éditions |

Le choix de l’Oranger par Gabriel KEVLEC

Synopsis:

Samaël Kerléo, vingt-quatre ans, plus ou moins prof, monstre, moitié d’homme ». C’est ainsi que Samaël se serait présenté s’il ne s’était pas enfermé dans un empire de solitude après son agression. Alors qu’il ne se nourrit plus que de rêves et de poésies, réfugié derrière ses écrans ou dans les forêts qu’il arpente inlassablement, deux hommes vont venir ébranler son monde. A l’hôpital, il croise Ferréol, un infirmier tout en lumière et assurance, et qui porte l’écarlate de la passion et du sexe en bandoulière. Sur Twitter, la douceur des mots et des images de Manoé le bouleverse, et l’alchimie explose en mille nuances azur. Deux rencontres. Deux couleurs. Deux graines d’histoires qui germent ensemble dans la poitrine d’un homme à qui jusqu’alors tout manquait. Tiraillé entre réel et virtuel, écartelé entre rouge et bleu, Samaël est incapable de faire un choix. André Gide l’a écrit : choisir, c’est renoncer. Ce qu’il a oublié de préciser, c’est que choisir, c’est parfois la chose la plus difficile au monde. Et qu’un coeur, ça peut être grand comme une place publique.

Mon avis:

Nous faisons la connaissance de Samaël, 25 ans résidant à Clermont avec son chat Manson.  À cet instant, Samaël dégage ce sentiment de solitude et pour cause, il se sent en perpétuel décalage. À l’image d’un marginal, il se décrit comme un Monstre des contes de fées, cette Moitié d’homme. C’est un homme brisé, qui ne survit que dans l’Obscurité, essayant de retrouver cette étincelle de vie qu’il a perdue depuis son agression. Sa seule échappatoire ? Ce blog où il laisse anonymement ses poèmes, ces vers, ces pensées les plus personnelles et ses rencontres anonymes et éphémères qui lui apportent qu’ illusions de satisfaction de besoins primaires.

Samaël est un être à part, qui se cache.  Cette marque indélébile le contraint dans son quotidien. Il n’aime pas l’image qu’il dégage, ne trouve pas sa place dans la vie. Et pour cause, il est dans un entre-deux, plus mort que vivant. Nous découvrons au fur et à mesure de ses confidences les fantômes qui le suivent depuis cette nuit… L’ampleur du traumatisme avec lequel il vit au quotidien.

Mais tout cet ordre établi va être remis en question en faisant la connaissance ce cet être « azur ». Ce « M », rencontre par écran interposé puis Ferréol, un infirmer. Deux hommes, deux chemins de vie différents et pourtant ce même écho dans son cœur et sa tête …

L’un et l’autre sont de deux univers différents et pourtant lui apportent cette même sensation : être écouté et accepté dans son entièreté.

Deux rencontres qui vont bouleverser la vision du monde de Samaël. Comme le dit si justement Gabriel, Samaël n’est qu’une âme en champs de bataille, fatiguée de lutter, avide d’abandons et de servitude. Mais encore une fois les apparences sont trompeuses. Chacun recèle au fond de lui cette partie d’ombre qu’ils essaient tant bien que mal de dissimuler.

Dans ce roman, il est question d’ apparence, de sentiments, de désir. Avec ces notes de poésie, nous nous retrouvons tel un spectateur silencieux à suivre ce jeune homme aussi beau que seul se remettre en question, sortir de sa zone de confort. Il prend des risques, tiraillé entre ces deux tentations. Il est question de choix, un choix cornélien, un choix infaisable pour ce cœur si tendre et fragile. Le polyamour est la thématique qui découle de ce choix. Mais encore une fois, l’auteur se joue des apparences et nous décrit avec cette poésie, sa définition de ce sentiment multiple. C’est délicat, c’est précieux. Le ressenti tellement humain. C’est bête à dire, mais on se retrouve quelque part en eux.

Ce qui au départ est une lecture devient peu à peu une confession, un instant hors du temps où nous découvrons une part de cette intimité. C’est un partage qu’on nous offre empli de couleurs. D’obscurité, nous allons doucement vers du clair-obscur à la lumière. Ce qui est frappant c’est cette poésie qui nous accompagne et qui atténue le côté dramatique de l’histoire. Les scènes érotiques coulent de sens. Il n’y a rien de provocateur. C’est cru, c’est viril, mais au final, tout n’est que poésie des sens, découverte de l’autre. On ne parle plus de scènes de sexe torride, mais de vulnérabilité, d’oser se montrer entièrement face à l’autre.

Pour ma part, contrairement à mes habitudes, j’ai pris le temps de le lire. Je n e l ai pas lu d’une traite. Non pas qu’il soit mauvais. Loin de là. Mais cette musicalité, cette poésie nous suit. Elle amène cette envie de savourer chaque chapitre, chaque rebondissement. C’est ainsi que je qualifierais ce roman: un concentré de poésie d’ une lecture éprouvante. Mais quelle histoire ! Samaël est un être bancal, abîmé ( et c’est un mot faible) et pourtant il est magnifique et touchant.

Tout n’est qu’authenticité, vulnérabilité et sensibilité. C’est aussi un pamphlet sur le polyamour, un échange de point de vue. Ce qui en général est mal perçu prend une tout autre dimension. On nous décrypte son fonctionnement, les tenants et les aboutissements. Chacun se fera son idée sur la question, mais encore une fois, rien ne nous est imposé, on nous laisse le choix de nous faire notre propre avis sur la question et c’est en cela que le roman sort du lot. Tout est une question de choix.

Un coup au cœur tout simplement.

 

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Genre: au delà des apparences, drame psychologique, faux semblants, Le temps des choix, traumatismes du passé, trouble
Série: EX AEQUO |