Barbès, mon Amour par Emmanuel Taffarelli

Synopsis:

Il s’appelle Karim, habite un quartier sensible au-delà du Périphérique et vivote du trafic de stupéfiants. Il s’appelle Alexandre, réside dans un immeuble cossu d’un beau quartier parisien et est une illustration de la jeunesse dorée désœuvrée. A priori, ils n’auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant, en l’espace d’une nuit à la fois violente et passionnée, leurs destins vont être scellés à jamais. C’est une histoire d’amour interdit qui, en bousculant les préjugés des uns et des autres, révèle peut-être ce qu’il y a de plus profondément caché en chacun de nous. Et si dans le monde d’aujourd’hui ouvert à tous les vents, l’amour était la seule chose qui rende encore la vie supportable ?

Mon avis:

Dès le synopsis, on sait que cette lecture va marquer, va nous bousculer. Chose rare pour être notifié, il n’y a pas de chapitres, mais une rencontre inattendue deux êtres en apparence aux antipodes l’un de l’autre et pourtant, les apparences sont trompeuses. Vous l’aurez compris, dès le départ l’auteur nous prépare à ce roman. Notez que ce n’est pas une romance à proprement parlé, mais une tranche de vie, un sujet brûlant, d’actualité. Un acte engagé qui, de bout en bout, est assumé.

Karim, un jeune homme de banlieue, d’un quartier populaire, d’un de ses HLM délaissés. Karim, un homme aux origines marocaines et pourtant français. Un homme blasé par son quotidien, jugé sur les apparences, ses origines, ses fréquentations. Karim, un jeune homme qui survit plus qu’il ne vit dans ce quotidien sans avenir. Tout n’est qu’instinct de survie dans ces tours aux âmes torturées.
Karim va voir sa vie basculer par excès de gentillesse. Lui, ce jeune compatissant va se retrouver dans une situation périlleuse qui va l’amener à fuir. Malgré la peur qui le suit telle une ombre, il se retrouve grisé par cette bouffée de liberté si éphémère.

Alexandre lui est un jeune homme de 23 ans résidant dans les beaux quartiers. Là où tout n’est que ses amis, construisent leur avenir, poursuivent de brillantes études et se mettent en couple, lui, subit sa vie à contre-courant. Il ne ressent pas les mêmes aspirations que ces gosses de riches, ne peut réaliser les attentes de ses parents. Il est différent, il le sait. Il a subi son lot de moqueries, de rejets.

Le hasard va faire que ces deux êtres perdus vont se rencontrer dans des circonstances violentes et pourtant, ce soir-là leurs vies vont basculer. À son contact, Alexandre va se reconnaître en Karim. Aux antipodes l’un de l’autre, ils sont pourtant si semblables derrière ces apparences.

Tout au long de ce roman, ce sentiment d’interdit, de peur nous poursuit. On ressent une certaine forme d’urgence, cette volonté illusoire de sortir de ce carcan. Ce roman est à lui seul un jeu de dupes, car de la haine à l’amour il n’y a qu’un pas.
Ce roman est tout simplement bouleversant et intense. On ressort de cette lecture avec une multitude de sentiments que je ne peux exprimer sans spolier. Mais je ne m’attendais pas à ça. Clairement, l’auteur s’est aussi joué de moi, lectrice. Chacun se fera un avis sur cette lecture, mais pour moi elle restera marquante.

Une lecture déroutante, mais qui marque. Une histoire à vif. 

 

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Genre: au delà des apparences, bad boys, choc des cultures, drame psychologique, faux semblants
Série: Homoromance éditions |

Série Unité K9 par Eva Justine

Tome 1: Unité K9

Placé depuis sa petite enfance dans des familles d’accueil, Tiago est une tête brûlée. À quelques jours seulement de sa majorité, alors qu’il fugue du foyer dans lequel il est placé, il rencontre sur sa route le marshal Grant. Grâce à lui, il découvrira l’entraide, l’amitié et ses premiers émois amoureux. Pourtant, malgré la main tendue, il s’enfuira à nouveau dès qu’il apprendra son surprenant secret.
Six ans plus tard, Tiago est désormais devenu un membre de l’unité K9. Avec son demi-loup Bud, il assure des missions anti-drogue couronnées de succès. Lorsqu’au hasard de l’une d’elles, les deux hommes se retrouveront face à face, tout ne se passera pas comme l’un et l’autre l’imaginaient, bien au contraire.

 

Tome 2: Un jour à la fois

Toujours membre de l’unité K9, Tiago attend son ordre de mutation pour rejoindre Lukas à Green River. Même si leurs journées sont occupées par des missions d’infiltration dans un groupe de trafiquants de drogue ou la recherche de suspects en fuite, tous deux s’impatientent de vivre enfin ensemble. Ils profitent donc des week-ends pour renouer le contact et maintenir le lien qui les unit déjà. Alors que la petite ville de Green River revêt ses habits de fêtes à l’occasion du grand rodéo, ce qu’ils croyaient établi sera pourtant totalement bouleversé le jour de cette manifestation.

 

 Tome 3: Hors de contrôle

Avant de rejoindre Lukas à Green River, Tiago multiplie les missions au sein de l’unité K9 et de la brigade des Stups. Entre deux retrouvailles brûlantes, les deux hommes posent les fondations d’un avenir à trois. Alors que tout semble aller pour le mieux, une surprenante révélation bouleverse toutes leurs certitudes. Totalement hors de contrôle, que va décider Tiago ? Rester ou fuir à nouveau ?

 

 Tome 4: Green River

Désormais loin des anciennes missions dangereuses ou palpitantes du MPD, Tiago patrouille chaque jour avec Bud dans les rues de Green River.Si sa vie professionnelle ne ressemble plus à ce qu’il connaissait, sa vie personnelle est au contraire en complète ébullition. Pas un jour ne se passe sans qu’amis, enfants et même chiens envahissent son espace. Si l’amour entre Lukas et lui est toujours au beau fixe, une turbulence surgit néanmoins le jour où le passé refait surface. Action, amour et humour, vous retrouverez tout cela dans Unité K9, une romance qui a déjà séduit des milliers de lecteurs.

 

Mon avis:

Unité K9 est une romance dans toute sa splendeur. On pourrait s’attendre à des intrigues policière, vu que nos deux protagonistes sont dans des unités policières, met cela est mis en second plan. Non, cette histoire est l’histoire de deux hommes qui, de prime à bord, tout oppose. Différence d’âge, l’un est un solitaire dans l’âme qui n’a confiance en rien, l’autre est un être abimé, qui a tout perdu. Mais au fil de la lecture, on apprend à connaitre ces deux hommes au passé traumatisant, on apprend aussi les raisons de leurs comportements, cette peur des sentiments face à ces retrouvailles. Là où l’auteure joue sa carte maitresse, c’est que l’histoire des humains se confondent avec celles de ces chiens. Il y a un gros travail sur les conditions de ses animaux abandonnés qui renforce encore plus la perception que nous pouvons donner à Tiago. L’homme et l’animal ne font qu’un, au final car il est comme ces animaux. Un être solitaire, mais qui ne cherche qu’une chose, l’amour. Ce comparatif nous explique l’apparence générale de Tiago, ses doutes, ses peurs, sa façon d’être et toute la difficulté pour ceux qui l’entourent de l’apprivoiser. 

Dans le deuxième tome on prend plaisir à retrouver Tiago et Lukas ainsi que tout leur entourage. Leur relation évolue doucement. Eva aborde cette évolution par la notion d’une vie à deux, prendre conscience que être un couple signifie qu’on ne pense plus seul mais avec l’autre. Une relation qui entraîne forcément des compromis. C’est la toute la difficulté que met en avant l’auteure… Accorder cette confiance à l’autre, accepter les contraintes qu’entraîne une relation de couple dans son entièreté. Ce qui m’a quelque peu dérangé, c’est le nombre de personnages secondaire abordés. On s’y perd quelque fois, on se demande si il y avait un intérêt à mettre certaines scènes qui ne sont pas en lien direct avec notre couple principal, mais c’est un avis personnel qui ne déprécie pas le travail de l’auteure. C’est ce qui rend notre lecture addictive.

On peut le dire, Eva aime se jouer de ses personnages et de ses lecteurs. Le tome 3 est à la hauteur de nos attentes. Ce pauvre Tiago est vraiment « hors de contrôle ». Mais après tout, qui ne le serait pas à sa place? Car oui, l’auteure nous permet de suivre l’évolution de Tiago sans brûler les étapes et ça, on l’apprécie. Nous avions quitté notre K9 avec ses souhaits de poser les fondations d’un avenir avec son Marshall et Emy. Mais qui dit avenir commun, dit forcément en contrepartie des compromis. Voilà toute la problématique abordée dans ce tome. Être avec quelqu’un, s’engager dans une relation sur du long terme demande de se montrer entièrement. Cela signifie que l’on devient vulnérable. Avec un passif aussi traumatisant que celui de Tiago, il n’est en rien évident de se laisser découvrir, de se confier même à des personnes qui nous sont chères. On apprend à faire confiance, à apprivoiser l’autre, dévoiler nos insécurités. Et Eva réussit avec brio à mettre des mots sur ces sentiments et ressentiments tout au long de ce tome. C’est ce qui fait qu’il devient un réel moment de plaisir. Rien n’est précipité, les rebondissements et les révélations qui en découlent s’enchaînent sans accros. Conclusion, encore un coup de coeur pour notre K9.

 

Notons que le spin off de Skyler est sorti: Chacun son combat – Spin off de K9 que je vous recommande grandement
Voici mon retour le concernant (http://www.regard-sur-un-livre.com/book-review/chacun-son-combat-spin-off-de-k9/)

 

Que dire du tome 4, le dernier de cette folle saga  ? Dès les premières pages, nous sommes, nous lecteurs dans cette ambivalence à vouloir découvrir cette suite tant attendue, mais aussi triste, car elle marque la fin de leur aventure. Plus qu’une romance, cette série aura marqué par cette unité, cet amour qui s’écrit et se vit au pluriel. Nous retrouvons nos deux amoureux de la première heure, Lukas et Tiago sans oublier pour autant les autres personnages secondaires qui sont indissociables de nos deux héros : Emi la pétillante petite fille comblée avec ses deux pères, Bud et le reste de la « meute » (Marvin, Keelin, Matty et Skyler…), mais aussi de nouveau dont une fameuse tigresse…

Mais Eva aime se jouer de nous comme de ses personnages. Ne vous attendez pas à une romance douce… Non, à l’image de ses protagonistes, ce dernier tome est dynamique, drôle et caliente ! Eh oui, jusqu’au bout nous aurons eu le droit à ces sensations multiples, des rires, des peurs, des moments hots, mais surtout ce fil conducteur qui nous suit depuis le départ : l’amour dans le sens le plus large. Voilà la marque d’Eva. C’est en cela que nous rend addicts.

Ce que j’ai adoré, c’est que même pris dans ce tourbillon de rebondissements, Eva nous a résumé tout au long de ce tome l’ensemble de son œuvre, des flashs blacks très bien placés par rapport à des situations bien précises… Cela renforce encore plus la profondeur des sentiments de chacun.

Alors oui, quand on finit ce dernier tome, on ressent ce pincement au cœur de les quitter… Mais connaissant Eva, je suis persuadée qu’elle ne s’arrêtera pas là et qu’elle nous donnera de leurs nouvelles…

Merci à l’auteure pour cette saga qui englobe tellement d’émotions… ce fut un plaisir de les retrouver. Je ne peux que vous encourager à lire cette saga.

 

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Genre: au delà des apparences, homoparentalité, policier, romance
Série: format kindle |

Faux semblants par Collectif d'auteurs

Synopsis:

L’objet que vous avez entre les mains n’est pas un livre, pas du tout. Il a les pattes d’un dragon et la gueule d’un loup, l’esprit mathématique et la mémoire chaotique. Il vous tend quelques fleurs, la bague de vos rêves et la clef d’un coffre secret. Vous acceptez ? Vraiment ? Ne sentez-vous pas la pluie glacée qui coule le long de votre dos, n’entendez-vous pas les bijoux clinquer dans l’ombre ? Si vous vous fiez aux apparences, nous ne pouvons plus rien pour vous !

 

Mon avis:

Dès le départ, on nous met le nez dedans! Le synopsis de ce recueil résume à lui seul l’œuvre.

Ce recueil nous offre un panel d’auteurs de talent, mais aussi d’illustrateurs que l’on prend plaisir à découvrir. Merci à l’éditeur de nous donner leurs liens sur les réseaux pour les suivre.

Maintenant, parlons du recueil. Il s’agit de nouvelles MM et FF. On passe par un melting pot d’émotions et pour cause, les auteurs se jouent de la thématique. Tantôt cocasses et drôles, nous nous confrontons aussi à des histoires plus noires, tragiques. La lecture s’enchaîne et nous nous retrouvons bousculés par ces mots, liés à des maux.

Chaque nouvelle à son style, sa musique. Cela devient poétique, harmonieux. Ce que j’ai énormément apprécié, ce sont ces illustrations qui reflètent chaque univers. De la fantaisie au contemporain en passant par de la dark romance, c’est un véritable panel qui nous est offert.

Difficile de résumer chaque nouvelle sans spolier. Je vous propose donc de vous les présenter ainsi: en ouvrant ce recueil, vous allez faire face à de la pudeur, de la vanité, des mensonges, des duperies et leurs revers : culpabilité, imposture, peur,  tristesse, violence, abandon.

 

La thématique principale est réellement passionnante: les faux semblants. Il y a tant à dire sur cette thématique, tant de situations à explorer. Pourtant, il y a toujours ce point commun à chacune de ces nouvelles: que vaut une relation construite sur des faux-semblants ? Le mensonge est parfois le pire des poisons. Mais risquer de se montrer sous sa vraie nature entraîne toujours ce risque d’ être rejeté. Là est toute l’ ambiguïté des sentiments. Mais la duperie ne dure qu’ un temps…  On nous révèle les différents degrés des faux semblants et la cruauté qu’ils peuvent entraîner. Car cela est une réalité : les faux semblants ne sont que des actes égocentriques et cruels. Ils révèlent ces tabous qu’on ose révéler, dirigés par ce sentiment universel : la peur. Ces actes sont toujours justifiés comme un moyen de protéger des autres, de leurs regards, jugements au final. Et en cela on se retrouve en chacun d’ eux.

C’est en cela que ce recueil marque: cet écho à notre propre histoire, cette remise en question qui s’ensuit.

Encore merci pour ce moment de lecture. Je vous le recommande chaudement.

 

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, contes et légendes, drame psychologique, fantasy, faux semblants, homophobie, Le temps des choix, recueil, sexualité atypique, traumatismes du passé
Série: YBY Editions |

Le naufrage de Noé par Kelly Galhager

Synopsis:

Dans la vie, Noé est triste. Dépressif et suicidaire même. Gabin a l’air toujours heureux, enjoué et survolté. Pourtant Gabin habite lui aussi dans le couloir 4 du pavillon bleu de l’hôpital psychiatrique. Parrain de thérapie de Noé, les rôles vont peut-être s’inverser pour que chacun retrouve le bonheur malgré les interdits et les convenances.

Mon avis:

Nous faisons connaissance avec Noé lors de son arrivée dans le pavillon bleu. Il découvre son nouveau lieu de vie, adapté à des personnes « comme lui ».

Noé se pense perdu. Comme il le dit, tous ces médecins et thérapeutes pensent comprendre le mal dont il souffre, mais qu’en est-il en réalité ? Lui qui est si renfermé sur lui-même va se voir confronté à un élément inattendu : un parrain, Gabin.

On nage en eau trouble… On s’interroge dès le départ. Comme les autres on essaie d’apprendre à le connaître, le découvrir pour comprendre.

Comment survivre quand on a appris à se détester, à vivre avec le dégoût de soi ? Voilà ce qu’endure Noé depuis l’enfance jusqu’à cet appel d’espéré qui l’a mené dans cet hôpital. Il paraît soumis et résilié à cette vie qu’on lui impose.

Gabin, lui est,
avec ses antécédents et son comportement, un jeune homme un peu trop dans l’excès, instable, dangereux. On ne peut lui faire confiance selon certains thérapeutes. C’est une bombe à retardement. Mais encore une fois, les apparences sont trompeuses.

Voilà comment résumer cette histoire : un jeu de dupes.
L’un est lumière là où l’autre est obscurité. Mais leur rencontre va changer la donne, car dans le savoir, l’un et l’autre ont beaucoup plus de points en commun qu’ils ne le pensent. Ce qui au départ est une obligation non consentie va prendre une tout autre dimension. C’est une lecture intuitive où les maux ne nous sont pas révélés de front. L’auteur nous décrit de façon détournée tous ces « symptômes », ce mal-être qui entourent Noé, Gabin et les autres résidents, qui ne sont véritablement dévoilés qu’une fois que nous avons appris à les connaître. On ne peut que supposer et comme les psychologues et thérapeutes, appréhender les révélations.

Tout n’est qu’apparence et sensibilité. L’auteure joue ces cartes avec cette volonté de dévoiler leurs véritables natures. On les suit dans leurs introspections, leurs remises en question. Tout n’est que haine, amertume et rejet, solitude et souffrance ; incompréhension.
On se retrouve à avoir une bouffée de compassion pour ces personnes. On tremble parfois de peur d’une rechute, l’autodestruction plane au-dessus d’eux… On se retrouve, comme Noé et Gabin, sur un fil. Un fragile équilibre que nous ne pouvons que suivre avec appréhension.

Des sujets sensibles, actuels, qui touchent beaucoup de personnes, dont on parle peu. C’est une lecture marquante, finement amenée…

Bref j ai adoré. Franchement je note un 4 bien que quelques coquilles nous titillent les yeux, des mots oubliés certes, mais face à l’histoire, on les oublie à notre tour. C’est, à l’image de Noé et Gabin renversant de sincérité.
 

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Genre: au delà des apparences, drame psychologique, faux semblants, handicap, Le temps des choix, romance, seconde chance, traumatismes du passé
Série: Auto édition |

La petite dernière par Fatima Daas

Synopsis:

Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.

Mon avis:

Je vous préviens immédiatement, cette lecture sort des sentiers battus. Ce n’est pas une romance, mais un témoignage, un cri du cœur.

Nous faisons la connaissance de Fatima. Fatima qui ne trouve pas sa place. Issue d’une famille aux origines algériennes, musulmans pratiquants d’une banlieue de Clichy, Fatima à ce sentiment d’imposteur qui la poursuit.

L’auteure nous offre son témoignage, celui d’une jeune femme comme beaucoup qui se retrouve tiraillée entre une culture et ses croyances, et cette société moderne.
Nous rentrons dans l’intimité de l’auteure. C’est une confession qu’elle nous offre. Depuis enfant, elle n’arrive pas trouver sa place. Chaque membre de sa famille a son rôle et s’épanouit pleinement. Mais ce n’est ce qu’elle souhaite pour SA vie. Elle essaie pourtant, mais évolue avec ses émotions contradictoires. Des rapports inconstants et instables c’est continuellement.

« Transgresser les commandements reviendrait à s’assumer, ressembler à ce que l’on ne veut pas être. Toute la difficulté est là : comment avouer l’inavouable, rejeter son patrimoine, sa culture, sa religion.

Elle va grandir en cherchant désespérément ce sentiment d’appartenance. Elle va se chercher et Nina va arriver dans sa vie. Nina va bouleverser son monde et la vision qu’elle s’en faisait.

Ne cherchez pas de romance. Nous avons sous les yeux un journal intime, une confidence que l’auteure nous offre. Ces fragments de vie passés. C’est cash, c’est douloureux, c’est si fragile. Mais en réalité c’est surtout criant de vérité.

Elle aborde avec beaucoup de maîtrise la thématique de l’homosexualité et la religion au cœur de ce livre. On découvre les us et coutumes de cette religion et on se rend compte que les interprétations des textes, interdiction au péché… Cela fait écho à d’autres religions et leurs homophobies.

Au final, cette lecture est fragile et douce de fragments de vie…

En refermant ce livre, on s’interroge, on se remet en question… C’est percutant. Et on ne peut dire qu’une chose : Bravo.

 

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Genre: au delà des apparences, choc des cultures, faux semblants, homophobie, Le temps des choix, religion
Série: Les Éditions Noir sur Blanc |

« Arrête avec tes mensonges » par Philippe Besson

Synopsis:

Quand j’étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter :  » Arrête avec tes mensonges.  » J’inventais si bien les histoires, paraît-il, qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier. Aujourd’hui, voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre. Autant prévenir d’emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.

 

Mon avis:

Nous faisons connaissance d’un jeune homme blasé alors âgé de 17 ans.
À l’époque, c’est un élève studieux sans  aucune ambition autre que de plaire à ses paires. Mais c’est aussi un jeune homme marginalisé, traité par les autres étudiants, car il dénote de la meute…  Oui il aime les garçons, de cela il en est sûr, mais il préfère se taire que d’avouer. Il est dans une sorte de déni volontaire face aux autres. Une façon de se détacher de cette étiquette d’exemplarité qu’on lui colle à la peau.
Oui, mais l’arrivée de Thomas va tout changer. Thomas, l’énigmatique étudiant d’une autre classe, inaccessible, celui qui ne prend jamais part aux moqueries, mais qui ne connait même pas son existence. Un étranger à ses yeux, un garçon à l’évidence pas pour lui. Et portant, Thomas va changer le cours de son existence toute tracée.
L’homme qui nous raconte son histoire se dévoile à nous sans pudeur, avec un regard critique sur ce jeune homme qu’il a été et qui a connu ce premier amour. Un amour fort, puissant qu’il n’oubliera pas, mais qui restera sous silence. Un secret, voilà comment elle se définissait. Un secret inavouable dans ce coin perdu, dans ce monde si étroit d’esprit, dans une époque où le Sida commence à faire parler, mais sans imaginer les drames qu’il engendrera. C’était en 1984 et pourtant, ce secret finira par le rattraper.

Il y a peu de dialogue. L’homme se met à nu face à son interlocuteur, nous les lecteurs. Un instant hors du temps, une parenthèse où il cesse ses mensonges, nous ouvre son intimité et des sentiments qu’entraîne ce mensonge à ma vue des autres: le manque, la privation, l’attente, le désir, inaccessibilité, cette pour constante d’être découverts, qui est amplifié par les premiers émois qui ne peuvent durer toute une vie… Qui ne sont qu’une parenthèse enchantée dans ce quotidien qui leur sont dictés.

Ce qui choque, une véritable volonté de l’auteur , c’est que cette histoire n’est autre qu’une confession. Un cadeau qu’il nous offre, un message lourd de sens.

Voilà ce qu’il nous livre: la vérité sur des désirs réprimés à cause des autres… Et ces émois lors de ses instants d’abandon, d’oubli de soi que l’on tait, qu’on se refuse, ces mensonges éhontés et pourtant si beaux, ce sentiment de gâchis.

Un mot résume ce bijou: défection. Un livre qui sonne telle une claque.

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NB je mets le format ebook et Poche, le format papier étant moins cher.


Genre: amitié / amour, au delà des apparences, choc des cultures, drame psychologique, faux semblants, Le temps des choix, romance young adult, traumatismes du passé
Série: Pocket |

L’internat par Grymes

Synopsis:

Maxence revient dans cette histoire courte et choc sur ses souvenirs de l’internat, ses rencontres et son premier amour. Tous les éléments qui ont conduit à ces drames. Quatre tragédies, un seul lien : Maxence. Voici sa confession.

Mon avis:

« Mais comment a-t-on pu en arriver là ? » Voilà l’intrigue qui nous tient tout au long de cette nouvelle. Expliquer l’inavouable…
Nous faisons la connaissance de Maxence, deux mois après les faits. Alors que le psychiatre essaie de lui faire dire cette vérité tant inavouable, Maxence décide de nous (car oui dès le prologue on est pris dedans) SA vérité… Celle de ses souvenirs passés et vécus.

Tout débute à son entrée au lycée. Maxence est alors un mec lambda parois d’autres. Élève moyen, il s’intègre facilement et se fait des amis. Maxence lui-même le dit, il s’éloigne parfois de l’intrigue, cette question posée, mais en réalité, tout est lié… Tel un puzzle, les pièces s imbriquent et nous voyons au fur et à mesure la catastrophe à venir… Mais est-ce la vérité la vraie? Le doute nous poursuit tout du long, car ce sont ses souvenirs, avec leurs subjectivités qui nous sont contées. Notons que l’auteur joue énormément sur ce ressenti. Il narre l’histoire au présent tout en notant le ressenti de Maxence en le conjuguant au passé.

C’est une véritable introspection que l’auteur, à travers les souvenirs de Maxence, narre ce fait divers. On remonte le temps et on essaie de comprendre le pourquoi du comment… Comment en est-on arrivé à ce carnage? C’est un véritable pamphlet sur cette jeunesse faite d’apparences et égocentrique. Mais tout cela sonne creux. Car derrière ces apparences se cache le véritable fléau de notre société : l’ennui.

Ne vous attendez pas à une romance d’adolescents. C’est bien plus que cela : telle une photographie, on nous jette à la figure la réalité de cette jeunesse si peu sûre d’elle, si fragile qui repousse leurs limites pour paraître… Ce témoignage, car au final  s’en est un, fait échos à notre vécu, nos premiers émois, mais aussi à la génération qui le vit aujourd’hui.
Un drame psychologique qui nous marque, une lecture dont on ne ressort pas indemne. Un coup au cœur. 

 

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, drame psychologique, faux semblants, romance young adult
Série: Auto édition |

À la pâle clarté de nos cœurs sombres par Lou Gahé

Synopsis:

Au cœur des tumultes de l’adolescence, sous les aurores boréales d’Anchorage, Lou se réfugie dans la musique et les contes ancestraux. Sa vie bascule quand d’étranges phénomènes le mettent sur la route de Caelum, un mystérieux jeune homme qui lui dévoile une nouvelle face du monde. Des soirées du lycée aux sabbats de sorciers, entre charmes et jeux occultes, leur rencontre explosive risque bien de renverser tout l’univers.

Puis, de l’autre côté de l’océan, Seize se réveille sur une île déserte du Vietnam, entre les mains d’un bourreau qui n’a de cesse de le torturer. Pour survivre, il devra choisir, entre la proie ou le chasseur, la voie qui tracera les contours de son avenir.

Trois destins. Trois idéaux. Et le monde qui se déchire sur les flots abîmés de leurs passions…

 

Mon avis :

C’est l’histoire de deux jeunes hommes qui se rencontrent, se retrouvent dans ce sentiment tumultueux de solitude et de tristesse. Il y a ce lien qui les lie, ce lien magique qu’ils ne peuvent expliquer et qui pourtant est universel. Ce lien qui va bouleverser leurs mondes en apparence opposés. Nous assistons aux prémices de sentiments forts et incertains. Tout n’est que cela : incertitude, fragilité et beauté à son sens primaire. Leur rencontre va leur insuffler de nouveau cette vie qui les avait désertés.
En parallèle nous faisons la connaissance de Seize, cet être sans nom, sans visage, captif et torturé… Lui qui survit plus qu’il ne vit, qui n’arrive plus à ressentir quoi que ce soit dans cet endroit inconnu. On le suit dans ce besoin de se sauver, de s’échapper de l’enfer où il se trouve.
On s’interroge dès le départ de ce qui lie ces trois hommes, et les questions s’enchaînent, s’entremêlent. On émet des hypothèses, on part dans un labyrinthe de suppositions. Tel un puzzle, on reconstruit cette histoire et là arrivent les premières réponses et tout est remis en question. Le temps se distant, et on se demande où l’auteur va nous mener.
Cette lecture n’est qu’ambiguïté et perplexité. Au départ, nous plongeons dans une romance Young adult « classique entre deux jeunes hommes ». Mais les apparences sont trompeuses. Des rebondissements, des vérités à moitié avouées nous amène à devenir attentifs, on s’interroge et sans s’en rendre compte les pages se tournent sans que nous les voyions passer. On ne peut rien prévoir, que subir comme les personnages. On rit, on pleure, on ressent de la joie de la colère de l’exaspération. Tout n’est qu’attente insoutenable. La rythmique est soutenue, ponctuée de moments hors du temps. On nous tient en haleine jusqu’à cet instant de vérité et le pire c’est que l’on ne peut pas raccrocher avant d’avoir ce mot « FIN », car une fois la qu’on a résolu cette énigme qui nous tient les 3/4 du roman en suspens, on ne peut deviner l après. Car toute vérité n’est pas bonne à dire et les conséquences qu’elle induire peut-être dévastatrice. Vous l’aurez compris, nous sommes littéralement happés par l’histoire et ses secrets qu’elle enfuie. Jusqu’au dernier instant, on retient notre souffle, se demandant jusqu’où tout cela v aller, quel grand final nous attend.
Voilà la magie de Gahé. Tout n’est que poésie des sens, d’un panel de sentiments saupoudré de magie. Notons que le cadeau de Lou, ce bonus où il nous confie sa playlist est perçu comme un cadeau que l’on chéri. Tel un journal intime, chaque chanson est accompagnée d’une note. De ce fait, nous retraçons son aventure. Alors que nous sortons chamboulés de cette lecture, elle amène ce lien si tangible que nous avons pu partager avec lui, nous lecteur.
Pour finir, et comme le dit très justement l’auteur et qui à mon sens résume cette histoire, tout n’est que « des points de suspension aux creux de nos vies ».

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, choc des cultures, contes et légendes, fantasy, romance young adult, traumatismes du passé
Série: Homoromance éditions |

Série Loving Clark par Kyrian Malone, Manhon TUTIN

Tome 1:

Clark McKenna, 17 ans, rentre au lycée Providence High en Californie. Clark est mentalement différent, et ses nombreuses consultations à Providence dans plusieurs cabinets psychiatriques le précèdent, aussi bien auprès de ses camarades que du corps enseignant. Plongé dans son imaginaire, sa perception du monde réel est biaisée, traduite par ses filtres émotionnels. Ses réactions, ses réflexions incomprises, Clark est en errance de diagnostic soumis à des traitements inadaptés. Considéré comme bipolaire, lunatique, schizophrène par des spécialistes incompétents, ce qu’il est demeure enfoui au fond de lui, annihilé par des médicaments inutiles. Pourtant, en arrivant à Providence High, Clark espère que les choses changeront pour lui. Il y a ce garçon Elliot Hamilton qui sera dans sa classe, et son professeur de lettres James Coleman, seuls personnes capables de le comprendre…

 

Tome 2:

Le sens de la justice, de l’équité, voilà deux concepts inhérents aux Aspergers. L’injustice, Clark Hastings en a souffert durant toute son enfance et son adolescence. Montré du doigt parce qu’il était différent, moqué par ses camarades, inconsidéré par le corps enseignant ou mal diagnostiqué par des médecins incompétents, Clark a très vite compris que dans ce monde à deux vitesses, il devrait s’en sortir seul, que pour être accepté en société, il lui faudrait faire semblant, mettre en place des stratégies d’adaptation, des illusions pour paraître « normal ».

 

Mon avis:

Nous faisons la connaissance de Clark, ce jeune homme dont l’apparence de « fou, déséquilibré » fait de lui un marginalisé.
On vit ce quotidien à travers ses yeux mais aussi de ses ressentiments ce qui rend ce texte fort. On ne lit pas, on vit avec cet handicap. On découvre ce quotidien qui est un combat continuel face à la bêtise de certains, l’ignorance des autres. Clark est différent c’est un fait mais ce n est pas pour autant que c’est un monstre. On ressent tout cet agacement qu il ressent. L auteure ne nous épargne rien au point que nous réagissons et cela dès les premiers chapitres.
Kyrian nous prouve que ces « 1% de la population » sont certes à part mais surtout ce sont des personnes touchantes, qui voit au delà des apparences. Ce qui pour une majorité d ignorant est un handicap est en réalité un réel trésor : ils ressentent autrement, ils en deviennent authentique. C’est en ça qu ils sortent de cette société manichéenne, à l esprit si étriqués et leurs réactions exacerbées face à l’inconnu.
Voilà pourquoi ce roman marque, nous interroge, nous ouvre les yeux là où nous sommes aveuglés. On nous imposons nos us et coutumes sans chercher à comprendre que d autres peuvent penser autrement. C’est bien de cela qu’il s agit, un ode à ces hommes et femmes différentes certes et pourtant qui méritent d être connues, voir reconnues. C’est un pamphlet la morale, la liberté et le devoir.

Nous voyons aussi le combat de l entourage et en particulier les parents, face à ces murs, totalement démunis face à des médecins incapable de donner un diagnostic définitif. On ressent cette douleur de voir son enfant devenir un rat de laboratoire où on tâtonne à l aveugle… Et les conséquences que cela engendre sur le quotidien de chacun.
Certains préfèrent la fuite, d autres comme le père de Clarke décide de faire front. On devient administratif face à cette détermination d offrir une chance à la chair de sa chair.

Et nous ne pouvons que fondre devant cette romance, ce premier émoi qu’on connaît tous et toutes… Tout est décrit avec une fluidité si limpide, si simple… La raison ? Encore une fois on ne lit pas mais on ressent ces émotions nous prendre car on le vit à travers les yeux de ce jeune homme si sensible qui voit autrement qu’avec ses yeux mais avec ses sens.

 

Dans ce second tome, nous retrouvons Clark à présent diplômé qui va entamer ses études supérieures à Providence. Ce roman se découpe en deux parties.

Dans un premier temps, Kyrian continue de nous confronter à la réalité d’une personne « à part ». On ne parle pas d’autisme. On ne parle pas d’homosexualité ou de haut potentiel. Non, on nous décrit le parcours d’un jeune homme qui se voit confronter à cette réalité avec le cumul de ces trois spécificités. Rien n’est enjolivé. Tout est authentique, réaliste. Les mots, les sentiments, les réflexions… tout n’est qu’intensité émotionnelle et verbale.

Telle une autopsie, on dissèque le quotidien d’un Asperger qui passe de l’adolescence au statut de jeune adulte en quête d’indépendance. On nous expose la perception de la réalité, les incapacités et inconforts de ce jeune homme atypique. On s’immerge dans le quotidien de Clark. On ne lit plus, on vit ce quotidien pesant, ambigu, voire stressant. Tous ne sont qu’anticipation pour ne pas succomber à cette appréhension de l’inconnu, de l’inattendu, dans cette incapacité sociale et handicapante. On prend conscience du calvaire qu’il endure pour se fondre dans notre société et s’adapter à chaque instant à ces convenances sociales. Clark nous apporte ce plus, que nous autres neuro- typique oublions : on ne juge pas uniquement sur une apparence.
Cette adaptation de l’enfance à la vie d’adulte est aussi difficile pour celui qui le vit que ceux qui l’accompagnent dans ce processus.

Voilà comment aborder la deuxième partie de ce roman : devenir adulte, c’est faire des choix et en assumer les conséquences. Dans cette réalité bicolore, où le bien se confronte au mal, comment se considérer ? Ange ou démon ? Kyrian nous expose des faits, des ressentis, des combats quotidiens pour essayer de conjuguer cette normalité imposée et cet esprit de justice. Voilà en quoi Clark nous marque, nous ébranle, nous touche. Tout est authentique. C’est en cela que cette lecture n’en est plus une. C’est beaucoup plus. Entre morale et devoir, nous-mêmes lecteurs, venons à être mis à rude épreuve.

À la fin de cette lecture, on ne peut que se demander quand nous sera proposée la suite. L’ambivalence, l’interrogation, ce malaise qu’on ressent ne nous lâche pas. On en redemande ! On veut savoir. Mais plus encore, cette histoire tient presque d’un témoignage. On ressent un vécu très fort dans cette plume. Kyrian nous avait prévenu, elle est incisive, cash, éprouvante mais au combien touchante. Vous êtes prévenus, on ne ressort pas indemne d’une telle lecture

Je tiens aussi à mettre en avant Manon TUTTIN qui a réalisé cette adaptation car Loving Clarke est, au départ un roman lesbien. Manon a réussit à adapter cette superbe histoire de fait que notre lecture est fluide, sans incohérences. On ne peut que la remercier.

Sans elle, j’aurais loupé quelque chose! Car je vous le garantit, cette histoire est à l’image des montagnes russes! On passe par tout un melting pot de sentiments.

Maintenant la question qui fâche … En vu de ces épilogues, on ne peut ressortir de cette lecture sans se demander « et après ? Que deviennent-ils? »

 

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Genre: amitié / amour, au delà des apparences, faux semblants, handicap, handicap social, Le temps des choix, romance young adult, seconde chance, série
Série: Homoromance éditions |

Le choix de l’Oranger par Gabriel KEVLEC

Synopsis:

Samaël Kerléo, vingt-quatre ans, plus ou moins prof, monstre, moitié d’homme ». C’est ainsi que Samaël se serait présenté s’il ne s’était pas enfermé dans un empire de solitude après son agression. Alors qu’il ne se nourrit plus que de rêves et de poésies, réfugié derrière ses écrans ou dans les forêts qu’il arpente inlassablement, deux hommes vont venir ébranler son monde. A l’hôpital, il croise Ferréol, un infirmier tout en lumière et assurance, et qui porte l’écarlate de la passion et du sexe en bandoulière. Sur Twitter, la douceur des mots et des images de Manoé le bouleverse, et l’alchimie explose en mille nuances azur. Deux rencontres. Deux couleurs. Deux graines d’histoires qui germent ensemble dans la poitrine d’un homme à qui jusqu’alors tout manquait. Tiraillé entre réel et virtuel, écartelé entre rouge et bleu, Samaël est incapable de faire un choix. André Gide l’a écrit : choisir, c’est renoncer. Ce qu’il a oublié de préciser, c’est que choisir, c’est parfois la chose la plus difficile au monde. Et qu’un coeur, ça peut être grand comme une place publique.

Mon avis:

Nous faisons la connaissance de Samaël, 25 ans résidant à Clermont avec son chat Manson.  À cet instant, Samaël dégage ce sentiment de solitude et pour cause, il se sent en perpétuel décalage. À l’image d’un marginal, il se décrit comme un Monstre des contes de fées, cette Moitié d’homme. C’est un homme brisé, qui ne survit que dans l’Obscurité, essayant de retrouver cette étincelle de vie qu’il a perdue depuis son agression. Sa seule échappatoire ? Ce blog où il laisse anonymement ses poèmes, ces vers, ces pensées les plus personnelles et ses rencontres anonymes et éphémères qui lui apportent qu’ illusions de satisfaction de besoins primaires.

Samaël est un être à part, qui se cache.  Cette marque indélébile le contraint dans son quotidien. Il n’aime pas l’image qu’il dégage, ne trouve pas sa place dans la vie. Et pour cause, il est dans un entre-deux, plus mort que vivant. Nous découvrons au fur et à mesure de ses confidences les fantômes qui le suivent depuis cette nuit… L’ampleur du traumatisme avec lequel il vit au quotidien.

Mais tout cet ordre établi va être remis en question en faisant la connaissance ce cet être « azur ». Ce « M », rencontre par écran interposé puis Ferréol, un infirmer. Deux hommes, deux chemins de vie différents et pourtant ce même écho dans son cœur et sa tête …

L’un et l’autre sont de deux univers différents et pourtant lui apportent cette même sensation : être écouté et accepté dans son entièreté.

Deux rencontres qui vont bouleverser la vision du monde de Samaël. Comme le dit si justement Gabriel, Samaël n’est qu’une âme en champs de bataille, fatiguée de lutter, avide d’abandons et de servitude. Mais encore une fois les apparences sont trompeuses. Chacun recèle au fond de lui cette partie d’ombre qu’ils essaient tant bien que mal de dissimuler.

Dans ce roman, il est question d’ apparence, de sentiments, de désir. Avec ces notes de poésie, nous nous retrouvons tel un spectateur silencieux à suivre ce jeune homme aussi beau que seul se remettre en question, sortir de sa zone de confort. Il prend des risques, tiraillé entre ces deux tentations. Il est question de choix, un choix cornélien, un choix infaisable pour ce cœur si tendre et fragile. Le polyamour est la thématique qui découle de ce choix. Mais encore une fois, l’auteur se joue des apparences et nous décrit avec cette poésie, sa définition de ce sentiment multiple. C’est délicat, c’est précieux. Le ressenti tellement humain. C’est bête à dire, mais on se retrouve quelque part en eux.

Ce qui au départ est une lecture devient peu à peu une confession, un instant hors du temps où nous découvrons une part de cette intimité. C’est un partage qu’on nous offre empli de couleurs. D’obscurité, nous allons doucement vers du clair-obscur à la lumière. Ce qui est frappant c’est cette poésie qui nous accompagne et qui atténue le côté dramatique de l’histoire. Les scènes érotiques coulent de sens. Il n’y a rien de provocateur. C’est cru, c’est viril, mais au final, tout n’est que poésie des sens, découverte de l’autre. On ne parle plus de scènes de sexe torride, mais de vulnérabilité, d’oser se montrer entièrement face à l’autre.

Pour ma part, contrairement à mes habitudes, j’ai pris le temps de le lire. Je n e l ai pas lu d’une traite. Non pas qu’il soit mauvais. Loin de là. Mais cette musicalité, cette poésie nous suit. Elle amène cette envie de savourer chaque chapitre, chaque rebondissement. C’est ainsi que je qualifierais ce roman: un concentré de poésie d’ une lecture éprouvante. Mais quelle histoire ! Samaël est un être bancal, abîmé ( et c’est un mot faible) et pourtant il est magnifique et touchant.

Tout n’est qu’authenticité, vulnérabilité et sensibilité. C’est aussi un pamphlet sur le polyamour, un échange de point de vue. Ce qui en général est mal perçu prend une tout autre dimension. On nous décrypte son fonctionnement, les tenants et les aboutissements. Chacun se fera son idée sur la question, mais encore une fois, rien ne nous est imposé, on nous laisse le choix de nous faire notre propre avis sur la question et c’est en cela que le roman sort du lot. Tout est une question de choix.

Un coup au cœur tout simplement.

 

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Genre: au delà des apparences, drame psychologique, faux semblants, Le temps des choix, traumatismes du passé, trouble
Série: EX AEQUO |